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Université Populaire Laboratoire Social

Université Populaire Laboratoire Social, avec Miguel Benasayag

Calendrier de l'UP

L’Université Populaire  Laboratoire Social.
Le principe de l’Université Populaire Laboratoire Social est de partir des pratiques et des savoirs concrets des citoyens pour faire émerger de la connaissance, de permettre aux habitants de comprendre la complexité des problèmes vécus localement, et de participer à la résolution de ces problèmes. Depuis septembre 2009, des groupes de recherche ont été formés, composés d’habitants affectés par un problème (la question de l’école, la rupture de lien intergénérationnel dans la ville, la disparition du commerce de proximité, etc.).
Cette année, un nouveau groupe de recherche est lancé :
Vous êtes affectés par un problème local, ou dans votre quotidien
Vous voulez chercher une réponse concrète à ce problème
Vous voulez travailler sur ce problème de façon collective
Alors n’hésitez pas à nous rejoindre. Pour cela, vous pouvez contacter

Laura Bleton :

- lbleton@mjcris.org Tel : 01 69 02 13 20

Les dates de rendez-vous du nouveau groupe de recherche :

Programme des rendez-vous de l’université populaire
De Janvier à Juillet 2014

Les groupes de recherche travaillent à la fois de façon théorique, sur la base d’interventions de Miguel Benasayag (philosophe et psychanalyste) ou d’un-e animateur-trice UPLS, lors d’une réunion par mois, et  de façon pratique, lors de réunions intermédiaires, où l’on retravaille les concepts abordés, réalise et analyse des entretiens, envisage des pistes d’actions…
Les groupes de recherche sont ouverts à tous, la participation est gratuite, elle nécessite seulement une adhésion à la MJC de 15 euros pour l’année.

Mercredi 8 janvier
20h00

Moulin du Monde

Réunion intermédiaire : travail en sous-groupe sur les termes « liens », « MJC », …

Lundi 27 janvier
19h30

Moulin du Monde

Réunion avec Miguel

Mercredi 12 février
20h00

Moulin du Monde

Réunion intermédiaire : travail : à définir à la rentrée

Lundi 24 février
19h30

Moulin du Monde

Réunion avec Miguel

Mercredi 5 mars
20h00

Moulin du Monde

Réunion intermédiaire 

Lundi 10 mars
19h30

Moulin du Monde

Réunion avec Miguel

Mercredi 26 mars
20h00

Moulin du Monde

Réunion intermédiaire 

Lundi 14 avril
19h30

Moulin du Monde

Réunion avec Miguel

Mercredi 23 avril
20h00

Moulin du Monde

Réunion intermédiaire 

Lundi 12 mai
19h30

Moulin du Monde

Réunion avec Miguel

Mercredi 21 mai
20h00

Moulin du Monde

Réunion intermédiaire 

Lundi 16 juin
19h30

Moulin du Monde

Réunion avec Miguel

Mercredi 25 juin
20h00

Moulin du Monde

Réunion intermédiaire 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Université Populaire Laboratoire Social
envoyé par MJCRISORANGIS

 

Chroniques de l'Université Populaire


Chronique N°
Chronique N°
Chronique N°
Chronique N°
Chronique N°

 

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Les Universités Populaires,

comme nous les concevons, sont des lieux de production d’un savoir à la fois étranger et complémentaire au savoir académique. Notre objectif n’est pas d’aller diffuser des savoirs hors des lieux académiques d’enseignement, contrairement à la plupart des Universités Populaires qui aujourd’hui se développent.
Notre travail propose de construire des savoirs concrets qui émergent de situations réelles vécues par les personnes rencontrées (travail, école, transport, hôpital, prisons, luttes de sans papiers, etc).
L’objectif des Universités Populaires Laboratoire Social, comme nous les développons, est de recueillir ce que Foucault a nommé les « savoirs assujettis », savoirs locaux et territorialisés à partir desquels les personnes concernées pourront formuler des hypothèses théoriques et pratiques afin de se réapproprier leur vie. 

- vous rencontrez des problèmes dans votre quotidien
- vous désirez trouver des solutions à ces problèmes
- vous voulez travailler de manière collective à la résolution de ces problématiques

Depuis son lancement l’Université Populaire c’est :

- trois groupes de recherche composés de citoyens qui travaillent sur des sujets qui les affectent (violence au collège, disparition du commerce de proximité et rupture du lien entre les générations)
- un groupe en formation d’animateurs d’Université Populaire lancé en mars 2011 pour former des bénévoles à l’animation de groupes de recherche. La formation théorique s’achève, nous entrons en ce début d’année dans une formation pratique.
- une nouvelle session de formation à destination des citoyens que nous mettons en œuvre à partir du début de l’année pour continuer à former les personnes à l’animation de groupe de recherche sur des thématiques qui les affectent

 

L’Université Populaire de Ris-Orangis, a obtenu une validation académique de son travail…

Depuis le 31 janvier 2011, nous travaillons en partenariat avec le département sciences de l’éducation de l’université Paris 8.

Le département des sciences de l’éducation de l’université paris 8 a créé en 2009 une structure ayant pour objectif de contribuer à l’éducation populaire contemporaine en articulant formation, expérimentation et recherche. Le partenariat entre le monde universitaire et une association d’éducation populaire, telle que la nôtre, permet de travailler et d’avancer sur des questions liées à notre territoire. Le travail n’est pas seulement orienté vers la recherche universitaire, mais se propose d’alimenter, par des apports théoriques issus de l’université, des pratiques d’éducation populaire.

Le partenariat repose donc sur des objectifs partagés par les deux parties prenantes :
- Importance donnée à l’initiative populaire
- Partir de l’expérience concrète des participants
- Faciliter les apprentissages sans se limiter à des programmes
- Viser au développement de l’éducation populaire

Ce partenariat va :
- permettre la validation universitaire du travail de recherche de chacun des groupes
- permettre aux participants volontaires, à titre individuel, d’obtenir un diplôme de premier cycle universitaire (niveau Bac+2) grâce au travail de recherche réalisé collectivement.

Ce travail en collaboration avec l’université de paris 8 donne ainsi la possibilité au travail de recherche initié par l’université populaire de Ris-Orangis, d’être validé d’un point de vue académique. C’est aussi l’opportunité pour les personnes qui le souhaitent de faire valider leur expérience au sein des groupes de recherche et d’obtenir un diplôme leur permettant, s’ils le souhaitent, de poursuivre des études en Licence 3ème année de sciences de l’éducation.
- vous rencontrez des problèmes dans votre quotidien
- vous désirez trouver des solutions à ces problèmes
- vous voulez travailler de manière collective à la résolution de ces problématiques”

 

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22, 23 et 24 juin 2012 à la MJC,

Le 7ème printemps des universités populaires à la MJC de Ris-Orangis


7ème printemps des Universités Populaires à la... par MJCRISORANGIS 

Une rencontre annuelle est organisée avec les différentes Universités Populaires de France et des pays francophones. Après Bruxelles, Lyon, Narbonne et Aix-en-Provence c’est au tour de la MJC de Ris-Orangis d’organiser la 7ème édition de ce rassemblement. Ces rencontres construitent autour d’une thématique, sont l’occasion pour les différentes universités populaires de se rencontrer et d’échanger sur leurs pratiques. La majorité des universités populaires en France sont orientées vers un travail de « transmission de savoirs », elles proposent de faire sortir le savoir académique de ses murs pour l’amener à l’extérieur. C’est la particularité du travail mené dans l’université populaire de la MJC de Ris-Orangis qui a interpellé les participants du dernier printemps et c’est pour cette raison que nous avons décidé d’organiser le 7ème printemps des universités populaires avec comme thématique centrale une réflexion autour de « savoirs et transformation sociale ».

Ces rencontres ont été l’occasion de débats, d’échanges et d’ateliers de réflexion et de travail sur cette thématique.

 

 

 

 

 

Le 7ème "Printemps des Universités Populaires" à la MJC de Ris-Orangis : jusqu’où s’autoriser à aller ?

dimanche 8 juillet 2012 publié par Christian Maurel

A la différence de biens d’autres formes d’éducation qui jalonnent l’histoire ou ont encore cours, l’éducation populaire n’est pas un acte autoritaire mais un processus d’autorisation à penser et à faire ce qui jusque là paraissait impossible ou interdit. Cette approche...

>lire plus

7ème printemps des Universités Populaires

Interview de Miguel Benasayag
Image/montage: Medy Chabrerie

D'où viennent les Universtés Populaires Laboratoires Sociaux ?...

 

 

 

 


 

« Les Jardins Familiaux » de Ris-Orangis : Une organisation qui mène à la coopération 

C’est en 1998 que la ville de Ris-Orangis à décidé de créer les Jardins Familiaux,  dont la gestion a été confiée à l’Association des jardins familiaux, pour répondre à la demande des familles désireuses de pouvoir cultiver des légumes et de jouir de l’utilisation d’un petit lopin de terre.

Depuis, cette demande, loin d’être comblée, explose, c’est pourquoi une deuxième tranche de jardins a été créée il y a quelques années, et qu’une troisième verra bientôt le jour... > lire plus

Une rencontre annuelle organisée avec les différentes Universités Populaires de France et des pays francophones.

Après Bruxelles, Lyon, Narbonne et Aix-en-Provence c’était au tour de la MJC de Ris-Orangis d’organiser la 7ème édition de ce rassemblement. Ces rencontres construitent autour d’une thématique, sont l’occasion pour les différentes universités populaires de se rencontrer et d’échanger sur leurs pratiques. La majorité des universités populaires en France sont orientées vers un travail de « transmission de savoirs », elles proposent de faire sortir le savoir académique de ses murs pour l’amener à l’extérieur. C’est la particularité du travail mené dans l’université populaire de la MJC de Ris-Orangis qui a interpellé les participants du dernier printemps et c’est pour cette raison que nous avons organisé le 7ème printemps des universités populaires avec comme thématique centrale une réflexion autour de « savoirs et transformation sociale ».

Universités Populaires Laboratoire Social de Ris-Orangis

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L'Université Populaire Coopérative (UPC) d’Ici et là-bas

L’université Populaire Coopérative d’Ici et là-bas a ouvert ses portes en 2010, en partenariat avec la MJC de Ris-Orangis. Gâvres, la petite commune d’environ 800 habitants qui l’héberge, se situe sur une presqu’île du Morbihan, en Bretagne.

La philosophie de l’UPC de Gâvres :

Près de 70 ans après l’adoption en 1944 du programme du Conseil National de la Résistance... >lire plus

Laboratoire d'animation scientifique

Depuis plus de 10 ans Yvan Nemo, le directeur de l'école élémentaire du Bel-Air a mis en route un projet en appui sur une idée simple: "On dit souvent que l'école ne peut pas faire de miracles. Il en est un qui est pourtant à sa portée: modifier le rapport que les personnes entretiennent avec l'école"

 

 

 

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Entretien avec Miguel Benasayag

 


Richesse et puissance d’agir :

entretien avec Miguel Benasayag

MJC : Nous voulons aborder avec toi la question de la richesse.L’étymologie du mot richesse vient de la racine germanique « reich » qui signifie « puissance créatrice ». Quelle peut-être cette puissance créatrice dans une époque triste et obscure comme la notre ?

Miguel : Une époque obscure, peut être définie... >lire plus


Débat ouvert
La gratuité à la MJC? Pourquoi pas!

Parler d’économie c’est se poser la question du partage et de la répartition.
Pourquoi ? Parce que la question du partage est liée à celle de la rareté (d’où le rationnement) et que sans rareté il n’y a pas de problème économique.
Pour reprendre notre métaphore du gâteau à partager, présentée dans le précédent numéro, les questions à se poser sont les suivantes: >lire plus

édito

Qu’est ce que la richesse?

 

Est-ce le surplus du nécessaire qui permet à quelques uns de briller dans l’apparat de l’abondance et de se conforter dans une stature sociale dominante,..

>lire plus

 

 

 

"l'école des compétences" avec Angélique Del Rey

Université Populaire Laboratoire Social
Une journée pour présenter les travaux des groupes de recherche de l’université qui travaillent depuis maintenant deux ans à la MJC. Conférence sur "l'école des compétences" avec Angélique Del Rey
lire plus - audioblog - photos>

 

 

Des nouvelles de l’université populaire…

 

2011

Voila maintenant bientôt deux ans que la MJC a lancé son université populaire à Ris-Orangis. Il est temps pour nous de dresser un premier bilan à mi-parcours de ce projet et de vous expliquer les développements et le travail à venir sur cette nouvelle saison.

Expliquons brièvement la démarche : Nous partons des pratiques concrètes des citoyens pour pouvoir faire émerger de la connaissance et du savoir. Nous voulons permettre aux habitants de comprendre la complexité des problèmes vécus et de participer à la résolution de ces problèmes en tant qu’acteurs de la cité.

Depuis le mois de septembre 2009, trois groupes de recherche ont été lancés :
- un groupe qui réfléchit autour du problème de la disparition du commerce de proximité
- un groupe qui réfléchit autour du problème de la rupture de lien entre les générations sur la ville
- un groupe qui réfléchit autour des problèmes de l’école
Chacun des groupes est composé d’habitants affectés par le problème et qui ont envie de réfléchir collectivement à des réponses concrètes.

Notre première phase de travail a été d’aller à la rencontre des habitants et de réaliser des interviews portant sur les thèmes énoncés précédemment. Chaque groupe a réuni une vingtaine d’entretiens et a commencé un travail d’exploitation des réponses des personnes interrogées.
Nous entrons maintenant dans notre seconde phase de travail. Les participants vont devoir cette année réfléchir à des pistes de résolution des problèmes relevés et mettre en pratique des expérimentations concrètes pour résoudre ces problèmes. Chaque groupe va dans un même temps proposer cette année des conférences sur chacun des sujets et organiser des temps de restitution publique des travaux en cours.

Nous désirons cette année lancer un nouveau groupe de recherche qui suit la même démarche sur un problème local.
Si :
- vous êtes affectés par un problème local
- vous voulez chercher une réponse concrète à ce problème
- vous voulez travailler sur ce problème de façon collective
N’hésitez pas à venir nous rencontrer si vous êtes intéressé par cette proposition.

La dimension de formation est essentielle selon nous dans l’université populaire. Depuis l’année dernière nous avons mis en place plusieurs cycles de formation pour les personnes désirant devenir des animateurs de l’université populaire. Nous lançons à partir de la rentrée un nouveau cycle de formation des animateurs pour développer petit à petit l’expérience de l’université populaire. Ce groupe sera ouvert à tous, gratuit, et sera construit autour d’une à deux réunions par mois.

Si vous désirez davantage d’informations n’hésitez pas à visiter le site de la  MJC  www.mjcris.org sur lequel vous trouverez le détail du travail réalisé et les prochaines dates des rencontres.

 

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L'université Populaire Laboratoire Social

 

Université Populaire > Education Populaire

Nous allons donner quelques repères historiques et des fondements de l'éducation Populaire. On ne prétend pas être exhaustifs, et c'est une lecture, il peut y en avoir d'autres, il y aura forcément des raccourcis, mais ça nous semblait important de poser certaines bases pour savoir de quoi on parle et aussi de dépasser cet aspect historique dans les échanges avec nos invités.

1)
La déclaration de Condorcet à l'Assemblée nationale en 1792 donne à l'éducation une finalité démocratique et jette les bases de l'Éducation populaire - c'est à lui qu'on attribue généralement la paternité de l’expression.
Elle se veut être un projet social, une ambition d'émancipation du peuple par le savoir. L’instruction des citoyens « pendant toute la durée de la vie » permet d'établir une égalité de fait. Et il ne s’agit plus seulement d’instruction mais d’éducation politique.

2)
Jean Macé fonde en 1866 la Ligue de l'Enseignement.
Toute une partie de la classe intellectuelle à l'époque pense que le salut viendra du peuple et qu'il faut alors l'éduquer au plus vite. Les Universités populaires sont le moyen privilégié choisi pour y parvenir.

3)
Le Front Populaire marque un début de reconnaissance par l'Etat de certaines associations d'éducation populaire. Pour Léo Lagrange il s'agit d'instaurer le loisir populaire afin de construire une société "saine et heureuse". Il s'emploie à développer les loisirs sportifs, touristiques et culturels et le projet des Auberges de la Jeunesse. Pour lui, il est essentiel de ne pas transformer les distractions et les plaisirs des masses populaires en « moyen de ne pas penser ».

4)
Libération
Le gouvernement de la résistance crée un service d’éducation des adultes — un “bureau de l’éducation populaire” avec notamment Jean Guéhenno et Christiane Faure. Leur mission : inventer les conditions d’une éducation critique des jeunes adultes par les moyens de la culture populaire.
Mlle Faure et Guéhenno recrutent des professionnels de la culture populaire issus du théâtre, de la radio, du cinéma, de la photographie, du livre, des arts plastiques ou de la danse, de l’ethnologie, etc.
Car à ce moment de l'histoire, on éprouve réellement que ce n'est pas parce qu'on est instruit, cultivé, qu'on préfère nécessairement la démocratie au fascisme ! Ca ne marche pas tout seul : il faut y réfléchir pour la préférer. Il faut faire un travail critique permanent.
En 1944 naît donc au sein de l’éducation nationale une direction de la culture populaire et des mouvements de jeunesse, vite rebaptisée direction de l’éducation populaire et des mouvements de jeunesse.

5)
En 1948, 1er avortement du projet : on s’accorde sur sa fusion, « pour mesure d’économie publique », avec la direction de l’éducation physique et des activités sportives dans une improbable « direction générale de la jeunesse et des sports ».
En d’autres termes comme le dit Franck Lepage : « il n’y aura pas de service public d’éducation démocratique, critique ou politique des jeunes adultes en France. Ils feront plutôt du kayak ! » Guéhenno démissionne, Mlle Faure retourne en Algérie diriger un service d’éducation populaire non rattaché au sport.

6)
1959 Malraux : divorce Culture/Education Populaire
Les acteurs de l'Education Populaire souhaitent un Ministère de la Culture qui serait tourné vers les objectifs qu'ils portent.
Mais ce ministère est confié à Malraux, et va être administré principalement par des  fonctionnaires rapatriés de la France d'Outre Mer. Il va sans dire que leur vision de la culture est très éloignée de celle de l'Education Populaire. Si on cite Malraux : « Rendre accessible les plus hautes œuvres de l’humanité et d’abord de la France »
C'est le 2d avortement.

7)
1968 Déclaration de Villeurbanne par certains directeurs des maisons de la culture :
" Tout effort d'ordre culturel ne pourra que nous apparaître vain aussi longtemps qu'il ne se proposera pas expressément d'être une entreprise de politisation: c'est-à-dire d'inventer sans relâche, à l'intention du non-public, des occasions de se politiser, de se choisir librement, par-delà le sentiment d'impuissance et d'absurdité que ne cesse de susciter en lui un système social où les hommes ne sont pratiquement jamais en mesure d'inventer ensemble leur propre humanité. "
Le domaine de l'animation socio-culturelle, issu des mouvements d'éducation populaire, connait une professionnalisation massive, mais se réclame plus d'une certaine neutralité que d'une vision politique forte.

8)
Lang et les artistes
En 81, beaucoup attendaient que la gauche arrivant au pouvoir abolisse cette césure entre culturel et socioculturel, entre « vraie » et « fausse » culture. Loin de rompre avec la vision élitiste et de reformuler la question culturelle sur des bases progressistes (tout le monde est producteur de culture, celle-ci n’étant rien d’autre qu’un rapport social), elle propulse la figure de l’artiste à des hauteurs jusque-là inconnues.
Il y a désormais en France une culture officielle, une esthétique certifiée conforme.
En même temps qu’il dépolitise, l’entretien du culte de la « culture » contribue à domestiquer les classes moyennes cultivées en réaffirmant la frontière qui les sépare des classes populaires.

9)
Politique de la ville
Avec la naissance de la politique de la ville notamment, les fédérations labellisées « d’éducation populaire » se perdent dans la mise en place des nombreux dispositifs de traitement social des populations dites « en difficulté ». On peut ainsi distinguer deux conceptions de l’action par la culture : l’« action culturelle », qui vise à rassembler autour de valeurs « universelles », consensuelles (l’art, la citoyenneté, la diversité, le respect, etc.). Et l’éducation populaire, qui vise à rendre lisibles aux yeux du plus grand nombre les rapports de domination, les antagonismes sociaux, les rouages de l’exploitation.
Les formes institutionnelles semblent souvent endormies, dépassées, sclérosées, déconnectées des réalités contemporaines.
Luc Carton en parle ainsi : « En France, vous parlez d’éducation populaire, mais vous n’en avez pas. En Belgique, l’éducation populaire, c’est la lutte des femmes, la lutte des chômeurs, et la culture, ça comprend les luttes d’émancipation... En France, au contraire, c’est un travail d’animation socio-culturelle, de pacification, qui a sa pertinence, mais ne produit aucun effet en termes de démocratie, de citoyenneté, de mouvement social... Si vous voulez faire de l’éducation populaire, faites-en, et arrêtez de dire que vous en faites. »

Paradoxalement aujourd'hui, on assiste à un renouveau de l’engagement militant, de nouvelles formes créatives d’innovation sociale et artistique à travers l’émergence d’une génération d’associations, plus sous la forme de réseaux que de fédérations. Pour autant, ces mouvements ne se revendiquent pas forcément d’une filiation avec l’éducation populaire et même parfois s’affirment en s’y opposant.

Pour finir, on aimerait préciser qu'il n'y a pas UNE éducation populaire, mais on peut dégager trois courants de pensée qui structurent et marquent l’histoire et sans doute encore l’actualité de l’Education Populaire souvent en se croisant :


*le courant chrétien
On prend acte de la violence du système mais on ne cherche pas à le changer; il s’agit d’aider les gens à s’organiser eux-mêmes pour mieux vivre.
*le courant républicain
Il est issu de la Révolution française et fait référence notamment au rapport Condorcet.  Basé sur l’Egalitarisme républicain : le peuple est souverain, il faut donc le former ; on se retrouve dans la logique de l’école, il s’agit de remettre tout le monde à niveau.
*le courant ouvrier révolutionnaire
Il est issu du mouvement anarchiste et social démocrate. La culture est forcément idéologique, il s’agit alors de mettre en œuvre une contre-culture, un contre projet de société : il s'attaque à la structure.

 

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« Inventons l’Université Populaire de Ris-Orangis ! »

"L’université est un lieu de circulation et de production de savoirs, un lieu de recherche."

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Depuis Janvier 2009 un groupe de recherche composé d’habitants de la ville s’est constitué pour réfléchir au concept d’université populaire. La spécificité du travail mené réside dans la démarche que nous adoptons, nous désirons partir des pratiques concrètes des habitants pour pouvoir faire émerger de la connaissance et du savoir.

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Notre démarche est accompagnée depuis le commencement par un philosophe, Miguel Benasayag, qui a une expérience intéressante de création d’université populaire et qui nous aide dans la réflexion du type d’université populaire que nous désirons créer à Ris-Orangis. Ce groupe de recherche s’est réuni à raison d’une fois par mois depuis Janvier pour dégager un thème de travail concret et pour acquérir les méthodes scientifiques nécessaires à la recherche.

1
Miguel Benasayag, philosophe et psychanaliste, est un intellectuel reconnu pour ses travaux de recherche et ses nombreux livres engagés  (entre autre « Résister, c'est créer », en collaboration avec Florence Aubenas , « Abécédaire de l'engagement »,« Éloge du conflit »…)
Il nous fera part de son expérience (l’université populaire de la Courneuve à la cité des 4000 en 2001) et de ses recherches sur la place et le rôle du citoyen en tant qu’acteur de sa cité et du monde.

 

Jean Le Bohec avait accompagné l’équipe MJC en 2008 à mener un diagnostic social dans le cadre du projet « Centre social ». C’est un spécialiste de la pédagogie de la situation et militant de longue date dans l’éducation populaire.Jean Le Bohec avait accompagné l’équipe MJC en 2008 à mener un diagnostic social dans le cadre du projet « Centre social ». C’est un spécialiste de la pédagogie de la situation et militant de longue date dans l’éducation populaire.
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Savoirs populaires et contre-pouvoir

Manifeste des Universités populaires et laboratoires sociaux

Crise économique ou crise culturelle ?

Quand plus personne ne croit au progrès social, la crise n’est plus économique, elle est culturelle. Si la condition salariale est en régression, si les acquis sociaux sont remis en cause, si la répartition des richesses n’a jamais été aussi inégalitaire alors l’Etat perd son pouvoir régulateur.
Nous ne sommes plus certain de voir nos enfants accéder à un meilleur statut que le nôtre. Les inégalités s’accroissent non seulement entre catégories d’un même territoire mais également à l’échelle internationale entre pays riches et pays pauvres. Le modèle des « 30 glorieuses » qui garantissait un progrès économique, un progrès culturel et social linéaire pour les individus est dépassé. Avec une société planétaire livrée aux lois du marché, les personnes pour comprendre leur situation et leur rapport social, ne peuvent plus ni désigner d’adversaire, ni préserver un « secteur » « social » ou « culturel à l’écart des enjeux marchands.
La crise devient culturelle parce qu’elle est la crise de représentation et de sens d’un modèle unique. La justice sociale, pierre angulaire du compromis de la société Industrielle, passe de la redistribution à la réparation ou l’assistance.
Les dispositifs sociaux traitent alors les personnes sous l’angle du manque. L’exclusion n’est pas un problème, mais un choix, une solution économique, d’organisation de l’économie. Dans ce contexte, le travail social et culturel, plutôt que d’élucider le rapport social, préfère lutter contre la « précarisation » en ne travaillant qu’avec des exclus.
Jusqu’à récemment, la démocratie de représentation et la république étaient crédibles et efficaces pour le plus grand nombre parce que son idéal était une promesse d’ascension sociale. Cette organisation économique et sociale était accompagnée de divisions politiques claires, qui recouvraient des clivages sociaux qui l’étaient tout autant.
L’épuisement de la promesse républicaine peut conduire à la tentation de se débarrasser de la représentation démocratique et de l’arbitrage du politique.
La démarche que nous proposons consiste à aller voir du côté du soutien à la démocratie mais par son approfondissement : Nous voulons nous réapproprier le droit de raisonner, c’est-à-dire de questionner nos propres choix ou ceux pris par d’autres pour les confronter et les arbitrer.
C’est à partir de cette analyse du contexte que nous proposons la construction « d’Universités Populaires-Laboratoires Sociaux ».

Préambule

Ce que nous entendons par « Université populaire-laboratoire social » est une expérience locale en forme d’unité d’action et de recherche qui se donne pour mission de recueillir en un territoire donné les savoirs populaires que Foucault a définis comme « savoirs assujettis ».

Une UPLS vise à construire au niveau local les mécanismes d’une émancipation populaire fondée sur une compréhension de la complexité du réel, afin d’en finir avec certains mythes politiques, comme la croyance en un programme miraculeux ou en la figure d’un homme providentiel, qui n’aboutissent chez les citoyens qu’à un sentiment d’impuissance et à une attitude de résignation triste, à l’espoir, donc à l’attente permanente.

Le réseau international des Universités populaires et laboratoires sociaux (UPLS) a été créé récemment sur l’invitation de Miguel Benasayag et Angélique del Rey, qui participent actuellement tous deux à différentes expériences de ce type. La volonté de créer ce réseau est née d’expériences menées, par Miguel Benasayag, depuis une vingtaine d’années dans différents pays (France, Argentine, Italie, Belgique, Bolivie, etc.). Leur objectif commun est de redonner aux femmes et aux hommes de la puissance d’agir dans un monde envahi par le négatif.

Il réunit entre autres, à l’heure actuelle les membres du collectif Malgré tout, la toute jeune UP de Ris-Orangis en banlieue parisienne, l’UPLS de Fortaleza au Brésil ainsi que les Laboratoires sociaux de Lucca et de Florence en Italie.

La création de ce réseau a pour but de rassembler les diverses expériences d’universités populaires et de laboratoires sociaux, afin de les comparer et d’étendre le champ de leur action.

Cette action, précisément, celle de tous les membres du réseau tente de répondre à la même question : comment sortir de l’impuissance, de la souffrance et de la tristesse auxquelles l’ordre mondial nous a soumis ?

Il s’agit de tisser ensemble recherches théoriques et pratiques populaires pour permettre aux populations de se réapproprier leur vie et leur destin. Le constat que nous faisons est, en effet, celui d’une déterritorialisation des femmes, des hommes, ainsi que de la nature du fait de la montée en puissance du néolibéralisme qui a transformé ces femmes, ces hommes et jusqu’à la nature en un ensemble de stocks disponibles mis au service de la production et du profit. Il s’agit, par et dans les UPLS, de nourrir une résistance à ce phénomène en proposant, localement, des expériences de reterritorialisation. Le principe de l’UPLS est de montrer comment le global  s’exprime dans le local, comment ces deux échelles de l’agir humain sont intrinsèquement liées et non pas, comme il y paraît à trop de nos contemporains, irrémédiablement distinctes et distantes.

Il était une fois les UPLS

D’où viennent les UPLS ?

Les acteurs des projets actuels d’UPLS proviennent d’expériences diverses : expériences de psychiatrie alternative menés en France, en Italie et au Brésil, expériences de terres occupées en Argentine, expériences aussi de travail social dans un contexte de violences urbaines en France, expérience encore de la culture sourde en tant que culture minoritaire, expériences de luttes de « sans » liés aux frontières intérieures de nos sociétés.

Les UPLS trouvent leur inspiration aussi dans des travaux de recherche sur la décroissance ou sur un marché autre que néolibéral, sur le journalisme de processus, sur la pédagogie face à l'échec scolaire, en un mot sur tout ce qui tourne autour des questions de biopouvoir.

Les UPLS sont des expériences et des pratiques issues de longues histoires d'émancipation des peuples en particulier en Amérique latine, au Brésil, par exemple, avec Pablo Freire et Augusto Boal qui ont développé des méthodes de connaissances populaires comme armes de l'agir.

« Université populaire-laboratoire social » ?

Une précision terminologique s'impose car de nos jours, le concept d'UP est très étendu et ne recouvre pas toujours les mêmes réalités.

Dans la perspective qui est la nôtre et qui se distingue, en effet, de nombreuses autres initiatives elles aussi intitulées « universités populaires », toutes les universités populaires sont des laboratoires sociaux, mais tous les laboratoires sociaux ne sont pas des universités populaires.

Par exemple, les coopératives italiennes (Coop) avec lesquelles nous travaillons dans le cadre de ce projet sont des laboratoires sociaux, mais pas des UP. Ce sont des systèmes de production qui s'inscrivent dans l'économie de marché et ne répondent pas aux critères du néolibéralisme. Au titre d'une certaine expertise populaire qui touche aux matières socio-économiques, elles relèvent du laboratoire social. Mais elles restent limitées à un nombre et à des catégories très précises d'action et d'intervenants, ce qui les exclut du registre de l'université populaire, au sens où nous l’entendons.

Cette université est dite « populaire » parce qu’elle a vocation à être la plus large possible, à développer son champ d'action dans un grand périmètre, celui des habitants d'un quartier, par exemple, comme c'est le cas dans l'expérience que nous commençons de mener avec la MJC de Ris-Orangis.

Quels savoirs construit-on dans une telle université ? Savoirs académiques et « savoirs assujettis ».

Il nous semble important d'indiquer en quoi les UPLS sont des lieux de production d’un savoir à la fois étranger et complémentaire au savoir académique. 

Notre objectif n'est pas d’aller diffuser des savoirs hors des lieux académiques d’enseignement, contrairement à la plupart des UP qui aujourd’hui se développent. Loin de nous l’intention de critiquer la diffusion du savoir, assurément nécessaire et louable ; nous constatons simplement que le savoir ne peut, par le seul développement de la conscience des hommes et des femmes, devenir une arme d'émancipation.

Notre objectif n'est donc pas d'apporter un savoir au peuple, mais de construire des savoirs concrets qui émergent de situations concrètes vécues par les personnes rencontrées (travail, école, transport, hôpital, prisons, luttes de sans papiers, etc.). Les UPLS visent à explorer, en effet, les surfaces d'affectation des femmes et des hommes pour faire émerger la complexité des situations.

L'objectif des UPLS est de recueillir ce que Foucault a nommé les « savoirs assujettis », savoirs locaux et territorialisés à partir desquels les personnes concernées pourront formuler des hypothèses théoriques et pratiques afin de se réapproprier leur vie. 

Le but n'est pas de façonner, d'éduquer les gens de manière verticale (celui qui sait apprend à ceux qui ne savent pas) le but , pour les participants quels qu’ils soient est de « s’ inter-éduquer » à la vie collective à travers la réalisation d’une expérience visant l’amélioration de la vie dans la cité. Quelle que soit l'efficacité d'une université populaire (au sens, donc, où nous ne l’entendons pas), la distance continue d’y être infinie entre le savoir et la personne. Si celle-ci s’en tient au simple statut de récepteur d'un savoir, elle n'a que l'illusion d'une maîtrise.

Prenons un exemple : si Marinette suit des cours d'astrophysique dans une université populaire à seule vocation de diffusion des savoirs, il y a fort à parier que même après une cinquantaine d'heures de cours, la distance qui la sépare de la maîtrise des connaissances en cette matière restera phénoménale.

Ou encore, si l'on prend la question des OGM, telle personne qui a écouté les sympathiques enseignements contenus dans des contre-expertises non moins sympathiques, n'aura certainement pas acquis par là les moyens d'expertiser elle-même cette question qui pourtant l’intéresse, fait partie de sa vie ; elle sera seulement passée d'une situation de non-choix, où une seule lecture du monde lui est proposée, à une situation de choix où deux lectures différentes, mais tout aussi extérieures l’une que l’autre, lui sont présentées. Bref, cette forme d’enseignement n’aura pas contribué à développer sa puissance d’agir.

Dans la situation de diffusion traditionnelle du savoir, la trop lointaine distance entre le savoir et celui qui le reçoit, entre l’objet et le sujet de la connaissance, n'est pas ou pas suffisamment abolie pour permettre à l’auditoire de s'emparer de la complexité du réel. De plus, le savoir académique a tendance à déployer sa puissance selon des schémas de transmission et de sauvegarde très ordonnés, hiérarchisés et protégés.

Aussi nous apparaît-il indispensable, dans la perspective d’une émancipation des populations par la connaissance, que la diffusion académique du savoir incombant aux institutions traditionnelles d’enseignement soit complétée par des dispositifs tels que ceux des UPLS, qui construisent un savoir qui trouve sa puissance dans la mobilité, la transversalité et l’éphémère.

Ces divers types de savoir doivent envisager leur développement dans une relation de complémentarité, de respect et d'enrichissement mutuel. Aussi les UPLS ont-elles, entre autres objectifs et intérêt, de faciliter l’accès au savoir académique.

Nous pouvons citer à titre d'exemple la très belle expérience vécue avec la complicité de Françoise Héritier, à l'occasion du Congrès International de pédopsychiatrie : les habitants de la Courneuve, avec qui nous avions engagé une expérience d’UP, ont été invités à rédiger une contribution qui a permis d'enrichir le savoir plus classique développé lors de ce congrès de professionnels.   

Depuis Michel Foucault, il est établi que le savoir n'existe pas dans un ciel neutre, mais qu'il est le produit de rapports de pouvoir. En ce sens, les UPLS s'inscrivent dans la construction d'un savoir en lien avec les contre-pouvoirs. Les savoirs qui s’y élaborent se distinguent donc de certains savoirs académiques qui veulent évoluer à l'écart des tensions politiques, sociales, économiques ou culturelles.

S'ils s'inscrivent dans une dynamique de contre-pouvoir, ce n'est pas dans le but d’entretenir une opposition systématique au pouvoir institutionnel, pas plus que dans celui de créer un lieu de pouvoir alternatif idéal imprégné de pureté, mais pour permettre aux individus concernés de se positionner librement, en fonction des situations : tantôt en conflit ouvert avec le pouvoir, tantôt en totale indifférence, tantôt en partenariat comme c’est le cas pour l'UP que nous avons récemment engagée à Ris-Orangis et à laquelle participent activement des membres du Conseil municipal de la ville. Ou encore, comme c’est le cas au Brésil où des responsables universitaires, ainsi que des responsables nationaux du PT, participent, sous des formes différentes, à nos travaux.

Les UPLS aujourd'hui : principes et méthodes

Le pari des UPLS repose sur l’analyse de certains traits problématiques du monde contemporain. Le dispositif des UPLS permet de rechercher et de proposer des réponses collectives et pratiques à ce que nous identifions comme des dysfonctionnements d’une société par trop empesée d’idéologie néolibérale.

Reterritorialiser l’action

Nous nous fondons sur ce constat que trop souvent, dans l'interaction entre le global et le local, des hommes et des femmes sont en attente de décisions lointaines qui pourraient changer leur vie quotidienne. Or pour nous, les deux sont liés, et même entrelacés : le global passe par le local.

Ce que nous vivons dans nos villes, nos quartiers, nos maisons est traversé par des dynamiques globales. Nos pratiques quotidiennes sont en prise directe avec des évolutions, des mécanismes qui nous semblent éloignés de nous, exilés de nos vies, déterritorialisés. Pourtant global et local se confondent, et ce, quel que soit le domaine que l’on envisage : économie, culture, santé, immigration, etc. Si nous nous emparons du local, alors nous touchons au global. Aussi est-il urgent de reterritorialiser nos actions. 

La déterritorialisation des hommes, des terres, des animaux – bref, de la vie – est un mécanisme par lequel tout est transformé en stocks disponibles en vue d'une production : les hommes coupés de leurs racines sont réduits à devenir des ressources humaines, ces « hommes sans qualité » soumis à une flexibilité totale ; les terres privées de leur écosystème finissent par brûler ; les animaux et végétaux sont déplacés en fonction de considérations macro-économiques qui nient l'environnement, les liens qui unissent les êtres humains et la nature.

Restaurer et développer la puissance d’agir des citoyens

Les processus que nous venons d’évoquer enferment les populations dans le « pâtir », c’est-à-dire l'incapacité de réagir et d'agir, situation qui renforce encore les mécanismes d'oppression : si l'on s'enferme dans un repli passif, où seuls subsistent la plainte et la souffrance, on finit par déléguer son émancipation – sa vie – et par faire appel au rêve, à l'espoir, à la chimère d’une révolution intégrale comme unique solution. On imagine que par la grâce d'un événement, d'un homme, tout pourrait devenir possible. Or dans pareil cas, ce n’est rien moins qu’une illusion collective qui vient se substituer à un possible projet d'organisation concrète de la cité. Cette délégation magique éloigne encore un peu plus le sujet de la situation qu'il vit.

Les expériences d'UPLS montrent que lorsque l'on sort de ce « pâtir », de cette forme de soumission volontaire pour entrer dans un processus de recherche et d'agir, ce qui advient dans un premier temps n’est autre qu’une désillusion : on réalise que non, tout n'est pas possible.
Ou dit autrement : des possibles se développent à la condition d’agir avec d’autres ici et maintenant , ce qui supposent des contraintes. Contraintes qui peuvent certes, s’avérer quelque peu difficile à supporter mais par laquelle on sort enfin d'une forme d'infantilisme social pour atteindre un certain degré de maturité et de responsabilité politique. En renouant ainsi avec la puissance d'agir, en renonçant à la facilité de la délégation de responsabilité, on résiste à la virtualisation de la vie.  

Assumer la complexité

Dans ce mouvement de reterritorialisation, dans cette dynamique de développement de la puissance d'agir, il est fondamental de prendre en compte à la fois l'incertitude, les zones obscures qui échappent au savoir et au sens, et la présence d’éléments dérangeants, marginaux, qui sont trop souvent, trop vite et trop facilement taxés d’impureté et se retrouvent, comme tels, exclus de toute réflexion collective sur la situation.

Zones d’ombre et non-savoir

Depuis des siècles, et plus précisément depuis la période des Lumières, l'homme est convaincu que l'histoire a un sens. Il a motivé ses désirs par la certitude d’un avenir meilleur. Tel est l’un des effets du mythe du progrès.

Nous sommes convaincus, pour notre part, que l'émancipation passe par l'assomption partagée d'un non-savoir sur le sens. Nous postulons que le moteur du désir est immanent à la situation, pour cette raison que celle-ci est porteuse d'asymétries et s'oppose à la notion figée et oppressante d'un sens transcendant. Cette pensée de l'émancipation permet de prendre en compte les zones d'ombre, les points négatifs de la situation.

L'une des sources actuelles de souffrance due à l'impuissance, à ce « pâtir » alimenté d'illusions, est liée au retour en force du négatif. Individualisme, solitude, égoïsme, argent roi, concurrence... toutes ces pseudo-valeurs qui détruisent l'humain sont devenues au cours des trente dernières années majoritaires dans nos sociétés. Le déclin et le discrédit des grandes illusions et idéologies qui, au nom de l’émancipation de l'homme, prétendaient combattre ces maux ont contribué à l’élaboration d’une pensée devenue majoritaire qui consiste à prôner la soumission, l’acceptation, le « réalisme », le « pragmatisme » et qui revient à laisser ces zones d'ombre se développer au point de nous envahir et de nous étouffer.

La pensée émancipatrice développée par et dans les UPLS permet d'éviter de tomber dans ces excès. Elle repose sur le renoncement à l’illusion plaisante qu’un monde d’hommes bons et conscients est possible. Nous n’affirmons pas qu’un autre monde est possible mais que nous pouvons développer les possibles dans ce monde qui est le nôtre. Cette perspective suppose que nous acceptions l'idée d'une zone d'ombre, d'une part négative en chacun de nous, individus et sociétés, en tant qu’éléments d'un corps organique qui, par définition, ne peut être totalement pur.

 

Inclusion et participation de tous

Travailler sur ce corps demande de connaître et reconnaître tous ses éléments, y compris ceux qui peuvent apparaître comme « impurs ». C'est à partir de cette reconnaissance ainsi que du travail de recherche et d'action qui s'en suivra que pourra s'enclencher le processus d'émancipation. Plutôt que de les écraser totalement en voulant créer un homme « nouveau » et pur ou de les laisser croître par fatalisme et par tendance à l’abandon, il nous faut accepter ces « impuretés », les analyser et les traiter.

Prenons un exemple très concret.
Dans le cadre d'une UP, un groupe d'habitants est en train de travailler sur les questions d'insécurité, quand l'un d'eux, jusque-là très silencieux, prend la parole et déclare sans ambages : « Le problème, dans le quartier, c'est les Arabes, il faut les virer ! » Ainsi donc, alors même que l’on travaille sur la question multiple de l'insécurité, apparaît une « impureté » : un propos raciste.
Une première solution consiste à exclure cet habitant pour les propos qu'il a tenus. Mais ce n’est qu’une façon de contourner le problème : si, dans le quartier, 20 % des habitants pensent comme lui, l'insécurité ne pourra pas se régler si l’on ne parle pas avec eux.
Une deuxième solution consiste à le laisser parler, sans lui répondre. Il pourrait prendre cela comme une forme d'acquiescement et, de ce fait, cette autre question cruciale de la xénophobie et du rejet de l'autre ne pourrait être traitée alors qu'elle risque d'alimenter agressions et insécurité dans le quartier.
La solution qui permet de faire émerger de cette situation une puissance d'agir consiste donc à entamer un dialogue avec cette personne dans un double but : ne pas l'exclure du processus et interroger ses motivations. Il pourrait apparaître, d’une part, qu'elle n’est pas vraiment raciste ; d’autre part, si elle l'est, en ne la rejetant pas hors du processus d'UP, celui-ci pourrait s'en trouver renforcé dans sa légitimité, ce qui permettrait, par exemple, d’imposer avec moins de difficulté des mesures pour le soutien et l'aide aux étrangers dans le quartier.
C’est en procédant de cette dernière manière que l’on peut accéder à la complexité réelle de la situation du quartier.
Nous ne nous plaçons pas là dans une position mollement humaniste de dialogue : bien au contraire. Le conflit existe, et souvent il est irréconciliable. Mais nous partons de l’hypothèse, matérialiste, d’après laquelle « la société est tout le monde ». Notre problème est donc de savoir comment nous faisons pour faire société avec tout le monde. Dire que la société est tout le monde, implique de reconnaître que toutes les positions existantes, tous les vécus et imaginaires, bref tous les modes d’être présents possèdent ce que l’on doit appeler une « raison suffisante ».  Que quelque chose ait une raison suffisante ne veut pas dire, de notre point de vue, que cette raison soit bonne ou, pire encore, universellement bonne. Mais au contraire : que nous devons faire avec. Rien de ce qui existe ne relève d’une monstruosité accidentelle. Même si parfois, faire avec certaines choses qui existe peut impliquer les affronter ouvertement.
La société est tout le monde veut dire que si tout ce qui existe possède une raison suffisante, ce n’est pas pour autant que ces raisons doivent être convergentes vers un bien maximal unique. Souvent, au contraire, il faut savoir trouver et construire un bien minimal unique.

 

Voilà pourquoi les UPLS aujourd’hui

Les UPLS constituent des formes de résistance mises en œuvre localement pour lutter contre l’invasion actuelle de la destruction sous toutes ses formes.

Il s’agit d’unités d’action et de recherche qui n’ont pas pour unique objectif de développer des savoirs autres et de multiplier les conférences en dehors des lieux académiques. Le laboratoire social se donne les moyens de restaurer la puissance d’agir des populations en développant l’élaboration de savoirs théoriques et pratiques à travers des problématiques que chaque citoyen traverse. L’accumulation des connaissances et des informations éveille de plus en plus chez les individus le sentiment d’une impuissance et les incite à la passivité d’une collaboration sinistre et résignée à l’évolution de la société.

Notre hypothèse est que le savoir est une condition nécessaire mais non suffisante de l’agir. Celui-ci passe, selon nous, par la création de pratiques  différentes. Les UPLS ne parient pas sur le rapport conscientisation/action.  Le pari porte sur la création de structures permettant à tous de contribuer à des mouvements d’émancipation, même ceux dont le niveau de conscience citoyenne est faible voire nulle (en particulier par le recueil de leurs savoirs assujettis via enquêtes).

 

L’horizon des UPLS

           
Parce que nous pensons que le monde actuel n’est compréhensible que dans la complexité conflictuelle, nous voyons dans les UPLS des instruments de l’émancipation populaire particulièrement pertinents, en ce qu’ils ne reposent pas sur la conscientisation ni sur la mobilisation volontariste des gens, ces vieilles ficelles politiques qui, pour avoir maintes fois montré leurs limites, sont aujourd’hui usées.
Pour passer du pâtir, dans lequel sont englués la plupart des contemporains, écrasés qu’ils sont par l'obscurité de l’époque, à l'agir, le défi à relever est, en effet, de passer par la complexité, en évitant de succomber aux sirènes des grandes idéologies.

Les UPLS tentent, pratiquement, de construire des schémas d'émancipation qui tiennent compte de la réalité. Elles ne tiennent pas les femmes et les hommes impliqués dans ces projets pour des espèces de « bons sauvages » auxquels manquerait, pour qu’ils redeviennent maîtres de leur vie, un savoir que d'éminents spécialistes viendraient leur apporter dans un élan d'humanisme bienveillant et charitable. C’est bien plutôt des expériences vécues par les divers participants – expériences de souffrance, de soumission, d'exclusion – qu’émergera le savoir que nous espérons dégager grâce aux expériences d’UPLS.

Le but de celles-ci est donc de rendre ce type de savoir visible et compréhensible, de faire en sorte qu’il devienne la source de questionnements et de recherches qui permettent l’élaboration de voies nouvelles, théoriques et pratiques, de transformation du monde actuel.

 

La méthode de travail :

La création de ces UPLS est une tentative pour retrouver de la force d’agir, donc de la force de vie. Pour cela, nous cherchons à créer des structures intermédiaires de participation citoyenne et collective en articulation avec les structures institutionnelles existantes si possible. Ces structures ont pour but de créer un ailleurs, une alternative : ni individualiste, ni étatique. L’expérience décrite doit durer en général trois ans. La première année est consacrée à un travail théorique et à la formation du groupe de recherche, la seconde est un travail d’enquête et enfin la troisième année est réservée aux propositions théoriques et pratiques de résolution.

 

L’animateur du groupe a plusieurs missions :

Expliquer comment la recherche va fonctionner et un certain nombre de concepts philosophiques, sociologiques, historiques et des outils de méthode objective utiles pour mener la recherche
  1. Faire émerger un sujet de recherche et se documenter sur ce thème
  2. Par l’expérimentation (essai/erreur) sur le terrain, mener le groupe jusqu’à l’élaboration de savoirs théoriques et pratiques formalisés en écrit, film…

1ère étape :

La création d’une UPLS suppose tout d’abord la création d’un groupe de travail.  Notre objectif n’est pas de nous adresser à un grand nombre mais de cibler les personnes désireuses de mener un travail de recherche sur les problèmes qu’elles rencontrent au quotidien.
Les personnes de ce groupe de travail vont suivre une formation-action (il s’agit de former un groupe de personnes en les mettant en situation de réflexion et d’action) d’animateur de groupes de recherche de l’université populaire.
L’objectif de cette formation est d’aborder les méthodes à mettre en œuvre lors d’une recherche d’UPLS et dans un même temps de former les participants à l’animation d’un groupe de recherche.

2ème étape :

Il s’agit de faire émerger au sein de ce groupe pilote un thème de recherche dont les participants se disent être affectés. Chacun peut avancer plusieurs sujets qui lui posent problème dans sa vie de tous les jours. Les thèmes doivent ensuite être soumis au vote pour décider du sujet à traiter. Ce qui motive un participant de l’UP LS :  être affecté par un problème, ne pas vouloir subir ce problème et son envie d’agir en cherchant une solution collective pour le résoudre.

3ème étape :

Les personnes du groupe de recherche formé doivent se mettre en situation d’enquêteurs. Ces enquêtes menées sous la forme d’entretiens (et surtout pas à l’aide d’un questionnaire) servent à recueillir les savoirs et les vécus des personnes concernant la problématique choisie. Par ce travail , notre objectif est le changement des structures dans lesquelles ces mêmes personnes vivent et agissent en leur permettant de s’agencer d’une façon plus positive. Il s’agit de leur permettre de déployer d'autres dimensions  de participation sociale.
Pour faciliter les entretiens nous avons défini trois typologies de personnes à interroger en fonction de leur implication dans la vie  du quartier ou de leur ville :

Type 1 : le noyau des personnes investies dans un des groupes de recherche. Ce sont les gens qui participent à la démarche d’enquête de près ou de loin. Ce sont des personnes affectées par un problème qui ne veulent plus le subir mais décident d’agir en cherchant une solution collective pour le résoudre.

Type 2 : Ce sont les personnes reconnues qui participent à la vie de la commune. Les institutionnels, les élus, les travailleurs sociaux et les voisins actifs qui sont d’une façon ou d’une autre impliqués dans la ville. Ce sont aussi les personnes du voisinage et de notre entourage.

Type 3 : Les personnes ayant très peu de lien social avec le monde extérieur.

Dans notre modèle, les personnes du groupe 3 sont particulièrement porteuses de savoirs assujettis à faire émerger. Il est très important lors des interviews d’enregistrer afin de recueillir leur parole. Nous ne devons pas nous présenter muni d’un questionnaire. Les savoirs et les vécus doivent émerger lors d’une conversation. Le questionnaire amène un formatage des propos que l’on va obtenir. La personne qui prépare le questionnaire ne sait que trop bien les informations qu’elle va chercher.
C’est une étape de recherche d’informations. Nous devons interroger les personnes appartenant aux trois groupes et souligner l’expérience que chacun possède vis-à-vis de notre sujet. Nous devons étudier ce qui affecte les personnes que nous interrogeons par rapport à notre recherche. L’université populaire doit permettre aux habitants de comprendre la complexité des problèmes vécus et de participer à la résolution de ces problèmes en tant qu’acteur de la cité.

Notre objectif est de faire société avec tout le monde et par ce fait de considérer toutes les personnes y compris celles s’attaquant au lien social, ou encore celles en conflit avec nos positions. L’idéal d’une recherche dans le cadre d’une Université Populaire Laboratoire Social (UPLS) serait que les savoirs et expériences détenus par chacun  puissent servir à la reconstruction du tissu social. Nous devons êtres capables de mettre tout le monde au service du lien social y compris celui favorable à la rupture du lien social car il est en mesure de nous délivrer des savoirs utiles à cette reconstruction. L’expérience de chaque personne a une utilité dans la réflexion.
Notre objectif est de créer une structure qui ne parie pas sur l’éducation de masse mais plutôt sur le développement d’une expérience sociale qui créée du lien. Nous devons partir de l’hypothèse suivante : « chez l’autre il y a une raison suffisante qui le fait penser et agir comme cela ».

4ème étape :

À la suite des entretiens effectués, il faut réfléchir à la nomenclature de traitement des données contenues dans les propos recueillis. Nous proposons trois catégories distinctes pour faciliter le classement des données. Les choses qui relèvent de :
- l’individuel (moi je pense que…)
- du local (les personnes âgées de ma ville…)
- du global (macro politique et macro économique)
Après cette première phase d’enquête, nous aurons une masse d’informations à partir desquelles des idées vont émerger.

5ème étape :

Nous devrons ensuite faire un complément d’enquête sans propositions d’actions à l’aide d’un questionnaire élaboré avec les propos des personnes lors de la première étape. « On nous a dit telle et telle chose, qu’en pensez-vous ? ».

À partir de ces deux phases et grâce aux données que nous aurons, nous allons essayer de trouver des propositions d’actions, des façons de faire pour pouvoir prendre en charge, "assumer" la réalité complexe et conflictuelle. C’est à ce moment-là que nous pourrons faire appel à des experts pour répondre à nos questions dans le cadre de réunions publiques. Lorsque nous aurons trouvé une ou deux propositions d’actions nous irons à nouveau sonder les trois groupes pour voir ce qu’ils en pensent tout en commençant l’expérimentation de terrain en parallèle.

Dans notre démarche, nous n’aurons pas modifié l’existence des 3 groupes (le but n’est pas de transformer tout le monde en « militant » du groupe 1). Nous aurons créé une dynamique d’action à laquelle chaque groupe aura participé à sa manière (en allant enquêter, en aidant à la rencontre des personnes difficiles d’accès, en acceptant de répondre à l’enquête etc..…) Ce qui favorisera le développement de nouvelles structures de relation pour un changement social positif.

À partir de là nous pourrons ensuite produire un cahier des charges, un film, ou encore un livre adressé aux habitants, aux médias, aux élus de la ville pour accompagner et rendre compte de la mise en pratique des savoirs et expériences produites… L’idéal est de tester sur le terrain des solutions concrètes et de les proposer aux autorités si elles apparaissent pertinentes.

Il est intéressant de remarquer que ce procédé est employé aussi bien dans des contextes autoritaires, où le pouvoir est concentré dans les mains d'un homme ou d'un groupe, qu'en démocratie, comme l'indiquait explicitement le slogan présidentiel de Nicolas Sarkozy dans la France de 2007 : « Ensemble, tout devient possible. »

 

 

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« Le labo Jardin-Cuisine de l’Université Populaire » 

Le collectif Jardin :

Nous avons obtenu, il y a bientôt un an, une parcelle de jardin aux Jardins Familiaux. Notre objectif était de constituer un collectif de personnes pour réfléchir autour de ce jardin, proposer des idées sur son exploitation, planter, bécher, récolter… tout ça dans une ambiance conviviale. Et ça a marché ! Nous sommes une douzaine à nous réunir chaque samedi matin au jardin pour se répartir les tâches à faire, discuter de nos récoltes, réfléchir à nos futures plantations…
Cette année, une nouveauté apparaît. Le jardin va être réfléchi en coopération avec un atelier d’art plastique. En effet, deux personnes du groupe jardin font aussi partie d’un atelier d’art plastique à la MJC, animé par Jean-François Donati. Les adhérents du groupe d’art plastique vont donc nous proposer des projets artistiques pour le jardin, ces projets seront discutés par le groupe, en fonction de leur faisabilité et nous élirons ensuite le projet (qui pourra s’inspirer de plusieurs) que nous voulons réaliser dans le jardin.
Si vous êtes intéressés par le jardin, le « land art », ou que vous avez simplement envie de vous joindre au groupe pour vivre une expérience humaine très enrichissante, n’hésitez pas !

 

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« Les Jardins Familiaux » de Ris-Orangis :

Une organisation qui mène à la coopération

 

C’est en 1998 que la ville de Ris-Orangis à décidé de créer les Jardins Familiaux,  dont la gestion a été confiée à l’Association des jardins familiaux, pour répondre à la demande des familles désireuses de pouvoir cultiver des légumes et de jouir de l’utilisation d’un petit lopin de terre.

Depuis, cette demande, loin d’être comblée, explose, c’est pourquoi une deuxième tranche de jardins a été créée il y a quelques années, et qu’une troisième verra bientôt le jour.

Baptisés l’Orme Pomponne, les jardins familiaux, composés aujourd’hui de 179 parcelles, constituent un lieu de convivialité et de partage ouvert sur les quartiers et pour l’ensemble des Rissois. Ils accueillent environ 180 jardiniers, de tous âges, et de diverses nationalités.

 

 

L’entraide et la rencontre au cœur du projet de l’association

 

Les jardins familiaux sont organisés en 22 îlots. Chaque îlot comprend plusieurs parcelles, un point d’eau central et des cabanes de jardins. Cette organisation de l’espace favorise très fortement la rencontre, puisque le point d’eau est collectif.

L’association favorise également l’entraide : les adhérents incitent les nouveaux venus à venir les rencontrer, à demander de l’aide à leurs voisins, ou à passer à l’atelier, lieu de rencontre de tous les jardiniers, pour avoir des réponses à leurs questions. Des cours de jardinages gratuits sont proposés par Gil Melin, Président de l’association et coordinateur du pôle Pédagogie, Formation et Innovation à la Bergerie Nationale de Rambouillet.

Un certains nombres d’outils sont mis à disposition de façon gratuite pour les jardiniers.

Outre l’exploitation de leurs parcelles, les adhérents participent aux manifestations de l’association, qui permettent à tous de se rencontrer.

Les membres du conseil d’administration s’efforcent dans la mesure de leur disponibilité de rendre des services aux adhérents. Ils peuvent notamment conseiller les jardiniers sur la façon de construire un portillon, ou d’entretenir les outils.

 

 

Une organisation favorisant la responsabilité individuelle et collective 

 

  • Les jardins sont accessibles tous les jours de la semaine, du lever au couché du soleil, pour les adhérents et leurs accompagnants. Chacun possède une clé du portail, et a la responsabilité de fermer le lieu afin d’en assurer la sécurité
  • Les adhérents sont fortement incités à s’impliquer dans l’entretien de l’association. Ainsi, chacun d’entre eux doit réaliser au moins 4 heures d’activités d’intérêt général, appelés les Travaux d’Intérêts Collectifs, qui concernent les installations bâties, collectives et les espaces verts communs.
  • Aux alentours des parcelles de chaque jardinier, des parties communes sont mises à disposition de chacun. Les parties communes comprennent les divers espaces verts, allées, jeux de boules, les parkings, les bâtiments et les serres. Ce sont ces espaces qui font principalement l’objet des travaux d’intérêt collectif.
  • Les jardiniers sont responsables de leurs parcelles et de leur entretien, mais aussi des îlots auxquels leurs parcelles appartiennent.
  • Le verger abrite des arbres fruitiers qui ont été plantés avec les fonds propres de l’association, et qui lui appartiennent donc. Les récoltes sur ces arbres doivent donc être collectives : soit elles permettent la confection de confitures ou pâtes de fruits qui sont vendues ou offertes à la fête des associations de septembre, soit elles sont partagées équitablement.

 

 

Les jardins familiaux, un lieu familial et ouvert sur l’extérieur

 

Les jardins familiaux contribuent à développer les liens familiaux, puisque les cartes d’adhésions sont familiales.

L’association des jardins familiaux est ouverte au public les week-ends, jours fériés et durant les vacances scolaires jusqu’au coucher du soleil, ou jusqu’à 20h00 maximum pour la période estivale.

En avril, l’association accueille les enfants des quartiers pour une Chasse aux œufs géante.

En juin, c’est la MJC qui s’installe pour organiser la fête de la musique. À la même période, une exposition de sculptures s’éparpille dans les espaces communs.

 

 

 

L’association s’engage à respecter l’environnement

Partenaire de la Ligue de Protection des Oiseaux, l’association s’est engagée à respecter sa charte :

  • Protéger les oiseaux et la nature en assurant la tranquillité des lieux, en particulier pendant les périodes sensibles : nidification et grands froids ;
  • Protéger au mieux la faune et la flore, dans le respect de la réglementation en vigueur. Faire que les équilibres écologiques ne soient jamais mis en danger, et leur porter une attention particulière lorsque, localement, il existe des enjeux en matière de conservation d'espèces ou de milieux remarquables ;
  • Offrir des milieux de vie favorables à la faune et à la flore en leur fournissant une aide directe, par exemple, par la pose de nichoirs ; en privilégiant la plantation d'arbres et d'arbustes indigènes, favorables aux insectes, aux mammifères et aux oiseaux ; en préférant les méthodes de jardinage écologiques, notamment pour la fertilisation et le contrôle des maladies ; en diversifiant et aménageant, en fonction de la surface du refuge de nouveaux milieux, comme une haie champêtre, une mare, un coin « d'herbes folles», un mur de pierres sèches...
  • Agir dans le sens d'un développement durable, notamment en faisant des économies d'énergies et de ressources, comme l'eau, en participant au recyclage des matériaux et en limitant les sources de pollution de son environnement ;

Les adhérents doivent également privilégier une agriculture saine, respectueuse de l’environnement :

  • Les cultures doivent avoir un caractère de production potagère. La monoculture est interdite.
  •  L’emploi de désherbants chimiques est strictement interdit. L’usage des engrais et pesticides n’est pas interdit, mais les jardiniers doivent privilégier des modes de culture respectueux de l’environnement en évitant au maximum l’utilisation de produits chimiques de synthèse.

 

Une plate-forme de gestion écologique a été mise en place, et un composteur est mis à disposition de chaque adhérent. Ceux-ci ont aussi la possibilité d’acheter un récupérateur d’eau à l’association.

 

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>PHOTOS JARDINS FAMILIAUX

 

 

 

L’Université Populaire de Ris-Orangis, vers une validation académique du travail…


L’université populaire lancée par la MJC de Ris-Orangis débute sa troisième année de travail en ce mois de Janvier 2011.

Depuis son lancement l’Université Populaire c’est :
- trois groupes de recherche qui travaillent sur des sujets qui les affectent (violence au collège, disparition du commerce de proximité et rupture du lien entre les générations)
- un nouveau groupe d’animateur de l’Université Populaire qui sera lancé début 2011 pour former à nouveau des bénévoles à l’animation de groupes de recherche
L’Université Populaire, telle que nous la concevons est un lieu de production d’un savoir à la fois étranger et complémentaire au savoir académique. Notre objectif n’est pas d’aller diffuser des savoirs hors des lieux académiques d’enseignement, contrairement à la plupart des Universités Populaires qui aujourd’hui se développent. Notre objectif est de construire des savoirs concrets qui émergent de situations concrètes vécues par les personnes rencontrées (travail, école, transport, hôpital, prisons, luttes de sans papiers, etc). L’objectif de l’Université Populaire Laboratoire Social, comme nous le développons, est de recueillir ce que Foucault a nommé les « savoirs assujettis », savoirs locaux et territorialisés à partir desquels les personnes concernées peuvent formuler des hypothèses théoriques et pratiques afin de retrouver la force d’agir. 

C’est à partir de cette conception pédagogique que le partenariat avec l’Université Paris 8 de Saint-Denis a été réfléchi.
Le département des sciences de l’éducation de l’université paris 8 a créé en 2009 une structure ayant pour objectif de contribuer à l’éducation populaire contemporaine en articulant formation, expérimentation et recherche. Le partenariat entre le monde universitaire et une association d’éducation populaire telle que la notre permet de travailler et d’avancer sur des questions liées à notre territoire. Le travail n’est pas seulement orienté vers la recherche universitaire, mais se propose d’alimenter, par des apports théoriques issus de l’université, des pratiques d’éducation populaire.

Le partenariat repose donc sur des objectifs communs :
- Importance donnée à l’initiative populaire
- Partir de l’expérience concrète des participants
- Faciliter les apprentissages sans se limiter à des programmes
- Viser au développement de l’éducation populaire

Ce partenariat va :
- permettre la validation universitaire du travail de recherche de chacun des groupes
- permettre aux participants volontaires, à titre individuel, d’obtenir un diplôme de premier cycle universitaire (niveau Bac+2) grâce au travail de recherche réalisé collectivement.
- d’intégrer une licence en sciences de l’éducation de Paris 8.
Il concernera les 3 groupes de travail déjà existants ainsi que le futur groupe d’animateurs de l’université populaire que nous lançons prochainement.

Ce travail en collaboration avec l’université de paris 8 va permettre au travail de recherche initié par l’université populaire de Ris-Orangis, d’être validé et agréé d’un point de vue académique. C’est aussi l’opportunité pour des personnes qui le souhaitent de faire valider leur expérience au sein des groupes de recherche et d’obtenir un diplôme leur permettant, de poursuivre des études en Licence.
Carole Berrebi

 

Vous pouvez venir nous rencontrer tout au long de l’année si ce projet vous intéresse.

Nous lançons à partir de Janvier un nouveau groupe d’animateurs de l’université populaire.
Cette formation vous permettra d’obtenir une validation Bac+2.

 

 

Infos > article du 30 12 2012 sur l'UPLS de Ris-Orangis > lire

 

 

Contact > Laura Bleton au 01 69 02 13 20

lbleton@mjcris.org

 

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Liens:

 

 

blog de Miguel Benasayag en Argentine

 

 

Miguel Benasayag
Laboratoire Social en Argentine

 

 

 

http://laboratoriosocialesargentinabenasayag.blogspot.com

 

 

 

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