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New Paradize

LE PROJET "new Paradize" Questions posées aux jeunes du projet Prix Ilan Halimi Translation
"l'écriture ou la vie" George Semprun "Mon chien ne demande pas pourquoi" Photos

 

 

 


 

Ca c'est passé à Jaffa

« New Paradize » est l’aboutissement d’un travail de trois années mené dans le cadre d’un projet intitulé « Derrière les murs, la mer » qui associe des artistes et des jeunes de Ris-Orangis (France), ville de la banlieue parisienne et Jaffa (Israël), quartier Arabe de la ville de Tel-Aviv.

 

par Catherine Regula > lire plus

 

 


 

Le projet

Présentation du travail le 28 septembre à 20h30 à la MJC de Ris-Orangis.

Le prix Ilan Halimi 2009, prix de la tolérance et de la fraternité, a récompensé la démarche de la MJC de Ris-Orangis, qui s’incarne dans ce projet : « derrière les murs, la mer » et dans le rapprochement de jeunes de Tel-Aviv en Israël, de Ploemeur en Bretagne et de Ris-Orangis en banlieue parisienne.

Ce projet pose la question des racines et de l’identité. Qu’est ce qui me définit? Est-ce que les racines m’enferment dans une identité ou au contraire sont terre nourricière pour le présent et l’avenir que j’ai à inventer ? Dans les trois lieux, Tel-Aviv, Ris-Orangis et Ploemeur, les jeunes concernés par le projet sont des déracinés.

Le Communauty Center Arabe et Juif de Jaffa à Tel-Aviv : pose la question de la paix et propose une voie pour le « Vivre Ensemble », dans un contexte de conflit. Les questions identitaires interpellent : qu’est-ce qu’un Arabe Israélien ? Qu’est-ce qu’un Juif ? Une terre les sépare et les rassemble. Toutes les questions se posent sur la Terre de « Palestine » : les questions ethniques, religieuses, sociales...

La ville de Ploemeur et sa Maison des Jeunes : Les jeunes Bretons perdent leur mémoire. Leurs grands-parents : pêcheurs, cultivateurs, ont défini l’identité bretonne. La fermeture des ports, la disparition des patrons pêcheurs, l’exode privent les générations suivantes d’un savoir et d’une culture qui les projettent dans une mondialisation anonyme.

La Commune de Ris-Orangis : La banlieue des grandes métropoles se présente toujours comme une grande plaque tournante où se croisent des populations issues de différentes migrations. À cet endroit « une » culture ne rassemble pas les individus mais « des » cultures les divisent.

« Vivre Ensemble », en banlieue, c’est donc définir un territoire édifié sur des valeurs communes à partir de chaque individualité. Ces valeurs sont les valeurs républicaines. L’art est un moteur de cette définition, en permettant de créer des métaphores qui symbolisent un problème, qui reformulent les problèmes.

Au bout de l’action, nous avions rêvé d’un spectacle joué dans les trois villes et les deux pays, qui finalise les apprentissages et synthétise un parti pris sur le thème des discriminations et du racisme. Le tout se réalisant au travers d’une grande exigence artistique et éducative qui vise à la transformation de l’individu par la construction d’un objet collectif qui interroge le monde.

Le travail engagé sur cinq rencontres a permis de mettre en place à peu près les deux tiers d’une création intitulée : « New Paradise ». Malheureusement, les financements obtenus jusqu’alors sur ce projet ne nous permettent pas de finaliser. Il nous reste un échange, cela ne suffit pas, il nous en faudrait un autre pour faire aboutir notre production.
Aussi, nous nous proposons de présenter au public rissois  un morceau de notre rêve : par de larges extraits du travail engagé.
Rendez-vous le  28 septembre au Théâtre jean Gouin-MJC pour vivre avec nous un petit moment de rêve partagé.

« New Paradize » :
de quoi ça parle ?

Le spectacle fait de théâtre, de danse et d’images raconte un personnage qui a 20 ans et ne croit plus ni aux valeurs du Passé, ni aux croyances du Présent et encore moins aux mensonges de l’Avenir. Le seul rêve qui lui reste vient de la télé. Le petit écran l’emporte avec son jeu télé-réalité :

« New Paradize » qui met en scène des candidats au bonheur, et l’illusion d’aller vivre sur une île en paix… Comme si « nulle part » est toujours meilleur qu’ « ici », comme si la fuite est le seul moyen de survivre, comme si l’espoir était une chose à ré-inventer.

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«Mon chien ne demande pas pourquoi»

Quand la nuit tombe, quand le tonnerre gronde, quand la nourriture se fait rare, quand je lui souris, quand je l’oublie, quand il traîne la patte, quand il se couche pour mourir… Mon chien ne demande pas : pourquoi ? C’est la grande différence entre mon chien et moi.
Moi, je demande pourquoi et je veux des réponses. C’est ce que je demande à l’Art : m’aider à comprendre le monde, et moi.
C’est sous cet angle que musique, théâtre, arts plastiques… sont envisagés à la MJC.
Plus que des transmissions techniques ou esthétiques, les ateliers artistiques proposent des pratiques, une expérience, une aventure.  Vous allez découvrir dans les interviews qui suivent, réalisées auprès des élèves, des enseignants ou artistes,  tout ce qu’une activité théâtrale ou musicale peut contenir d’acquisition de savoirs, de vie intérieure, de voyage avec l’autre,  de découverte de soi, de désir de fabriquer ensemble un objet, une œuvre qui ne monte pas un mur de cultures agglutinées, chaque culture apportant sa brique, mais au contraire, une œuvre qui ouvre une brèche dans le mur et dégage la vue vers un horizon de valeurs partagées.

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Portraits, ça se passe à la MJC

«En Israël, les arabes ne peuvent pas revendiquer d’être israéliens et ici, ils sont français et ils revendiquent d’être arabes. Ça pose des questions...»

 

 

Questions posées aux jeunes du projet "Derrière les murs, la mer"

Pourquoi participez-vous à  ce projet  ?

- Parce que y’a des meufs….(Fou rire général).
- Moi ce serait en résumé pour connaître l’autre, ne pas en avoir peur.
-  Pour s’ouvrir à d’autres cultures, connaître d’autres modes de vie, tout ça…connaître des familles qui ont une autre culture que nous.

Est ce que ce n’est pas un peu superficiel de prétendre connaître l’autre après trois voyages, deux rencontres et un spectacle ?

- Non c’est apprendre
- C’est juste essayer de connaître l’autre, je sais pas si on va y arriver, on a pas encore fini, mais au moins essayé…
- Pour moi, c’est arriver à se poser des questions sur sa propre vie.
- C’est aussi apprendre à réfléchir à ce qu’il se passe autour de nous.
- Et puis un moment décider d’agir, pas seulement penser, juste passer à l’action.
- Au début c’était : on va rencontrer des israéliens juifs et arabes…C’était de la curiosité, voir un peu « comment ils sont »… Ah c’est ça un israélien arabe ! Ah c’est ça un israélien juif ! Et après, ça a été essayer de les comprendre eux, pour mieux nous comprendre nous.
Mais, au départ du projet, on voulait essayer d’apporter une solution au problème israëlo palestinien, pourquoi pas ?! On va essayer de les aider, de leur donner des clés, parce que nous ça va ! Ça marche chez nous, nous  y’a la paix, y’a pas de problème !! Faites ci ne faites pas ça…. Mais en fait en étant allé là bas, c’est encore plus « un bordel ». Concrètement à notre échelle on ne peut rien faire.
- Et puis, plus on cherchait leurs failles, plus on trouvait les nôtres. Au départ, c’est vrai, on s’est dit : nous, on va les aider, parce qu’on a un passé, on va les aider à construire une identité commune. Et plus on travaille avec eux et plus je me rends compte qu’elle n’est pas construite cette identité commune, chez nous,  on a plein de problèmes sous-jacents, qui sont moins visibles que chez eux, mais qui sont présents et qui vont empêcher la société française d’avancer. Du coup moi ça me réinterroge beaucoup plus sur ce qu’on vit ici et sur ce qu’on fait ici.
- Je pense qu’on a pas mal revu nos ambitions sur la compréhension et la « résolution » sur le conflit israélo-palestinien. Et à la fois on se recentre plus sur nous. Et ce qui est pas mal avec ce projet, c’est qu’en étudiant des mécanismes humains qui sont universels, il y a les choses qu’on peut retrouver partout ; mais comme elles tiennent place dans une réalité qui est à priori extérieure de nous, dans laquelle on a pas d’intérêt direct, et bien on les comprend d’autant mieux. C’est à la fois étudier quelque chose qui nous concerne, mais qui n’est pas à l’intérieur de nous.

Est ce que vous n’avez pas le sentiment avec ce projet de cautionner une politique pro-israélienne ?

- Non !!
Non carrément pas ! Je pense qu’effectivement il peut être perçu comme tel, mais ce que je trouve absurde, enfin ce que je pense, c’est que s’il est perçu comme tel, c’est uniquement parce que le lieu géographique dans lequel on se rend se situe en Israël. Mais cela ne tient qu’à ça !
- Vu de l’extérieur, je suis d’accord, quand on dit «on va faire un projet en Israël», les gens pensent bon ben voilà, c’est un projet pour les juifs…
- Quand on regarde notre projet de l’intérieur ce n’est pas du tout ça !

Ce  n’est donc pas un projet Sioniste ?

- Ben, on est pas en train de réfléchir à : «Est ce qu’ils ont le droit d’être sur cette terre ? Est ce que la terre est à eux, pas à eux mais aux autres»…Bref,  nous on se dit : Ils sont tous là, alors comment ils vont vivre ensemble ? Et comment ils vont faire pour avancer ensemble ? Les sionistes ne se posent pas la question des deux cultures et des deux peuples qui existent sur la même terre ! Moi c’est ce qui m’intéresse, comment deux peuples qui sont sur une même terre vont vivre ensemble, créer des choses ensemble ?
- Moi,  je ne suis ni pour, ni contre, je n’ai pas envie de me positionner, car on est ici dans notre petite France, tranquille, chez nous, et on va pas dire : il faut rendre la terre aux Palestiniens, ou  encore, ah non les juifs, ils n’ont pas le droit d’être là….

Avez-vous un avis sur Israël, sur la présence des juifs sur la terre d’Israël ?

-  Moi jusque-là, je pouvais dire que j’étais plutôt pro-Palestinienne dans un coin de ma tête, parce que je n’approuve pas la politique israëlienne.

C’est quoi « vraiment » Israël ?

- Moi, quand on m’a proposé d’aller en Israël la première fois, j’ai accepté en me disant, il faut que j’essaye de comprendre pourquoi en tant que « juive » française, ici en France, on m’associe aux israéliens. Il fallait que j’aille là-bas pour voir en quoi je leur ressemblais, aux israéliens. Et bien je pense que je ne leur ressemble en : « rien », et plus j’y vais et moins je leur ressemble. Moi je suis trop attachée à cette France, et aux valeurs qui font ce pays, pour me dire au fond de moi : parce que je suis juive, mon pays est Israël. Vous savez, des fois je me dis que si les juifs étaient persécutés à nouveau, je ne voudrais pas aller vivre là bas.
Malheureusement peu de gens en France, de religion Juive, pensent comme moi, et en même temps je le comprends, c’est une solution de repli pour les gens qui ont peur.
- Moi, je trouve, quand les politiques prennent la parole, ils sont sionistes ici en France.
- En allant sur place, j’ai découvert des gens qui vivent sur ce territoire, des humanités, avec des points de vue et forcément ce n’est pas l’image que l’on peut en avoir, vue d’ici, aux informations, les journaux qui sont des données froides.
- Et de parti pris.

Qu’est-ce qui vous a frappé à l’occasion des deux rencontres qui ont eu lieu à Tel-Aviv ?

- Moi ce que j’ai entendu là bas c’est que les arabes israéliens se sentaient israéliens, mais que ce qui était dur à supporter, c’est que les juifs israéliens ne les voyaient pas comme Israéliens. C’est bien ça le problème, si tu enlèves la formule « Etat Juif », tu obtiens alors une Nation, qui devrait avoir des règles comme les nôtres. Et la nation peut regrouper des juifs et des arabes et ils seront tous israéliens. Et ils revendiqueront autre chose. Mais pour ça il faut chasser le passé, si on a un message par rapport à eux c’est : chassez le passé

Et quand les jeunes Israëliens sont venus à Ris-Orangis au mois de Janvier ?

- Le plus frappant, c’est quand on les a emmenés à Paris. Juste après l’offensive israëlienne sur Gaza et les horreurs. Dans le métro, ils ont assisté à une manifestation, ils ont entendu les cris: « Israël assassin ». ils ont eu très peur, ils se sont serrés les uns les autres. Ils ont tous pris cette violence à leur compte. Juifs et Arabes.  Ça, avant d’aller là-bas et de les rencontrer, et vivre avec eux, c’est impossible de l’imaginer. Impossible de t’imaginer qu ‘une partie de ces jeunes se sentent agressés en entendant : « Israël assassin ! » alors qu’ils sont arabes.

Dans ces questions identitaires, y a-t’il une ressemblance avec ce que nous vivons ?

- Une drôle de contradiction. Des jeunes gens en France qui ont la nationalité française se retrouvent à dire : moi je suis arabe. Alors qu’ils sont français. Ça pose des questions : pourquoi d’un coup, dans le langage et dans le comportement ou encore le folklore religieux, pourquoi ces jeunes gens revendiquent une autre identité ?
- Ici, on passe notre temps à dire aux jeunes immigrés : vous êtes français.
- Certains de nos jeunes ne connaissent pas la loi française. Leur famille a émigré, ils ont la nationalité et ne savent pas qu’ils ont les mêmes droits que les français de souche.  Ce n’est pas le cas en Israël. Les arabes n’ont pas les mêmes droits que les juifs. C’est la loi qui dit à nos jeunes issus de l’immigration qu’ils sont Français. La loi. Nous, on a la loi pour nous.
 - Ce projet nous permet de comparer. Et on voit bien qu’on assiste à deux phénomènes inverses : en israël, les arabes ne peuvent pas revendiquer d’être israéliens et ici, ils sont français et ils revendiquent d’être arabes. C’est quand même très intéressant comme phénomène.
- Et puis, ça nous fait réfléchir sur les racines et le passé. Dans le passé il y a la Shoa , et nous la France nous avons un lien avec la Shoa et nous sommes encore dans un principe de culpabilité par rapport à ça. La France a livré des juifs en 1940.  Tout comme nous avons un passé colonial. Ce n’est pas si loin l’Algérie Française et l’idée que dans les pays colonisés vivaient des gens « inférieurs ».
- Je crois que c’est tout ça que nous allons chercher en Israël, c’est un reflet, un miroir. Pour mieux positionner le passé, comprendre le présent et imaginer l’avenir.


- C’est un projet qui essaye de donner des clés et qui essaye de poser les problèmes. Et ça on ne  pourra le faire qu’à travers un spectacle !

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À la question :

Est-ce qu’un spectacle a les moyens de poser tous ces problèmes et d’avancer des solutions ?

ce texte de Jorge Semprun issu de son œuvre :

« l’Écriture ou la Vie »,  apporte une réponse :

 

 

 

Jorge Semprun a été déporté à Buchenwald pour s’être engagé dans la résistance contre la dictature franquiste en Espagne.
De retour des camps, des rapatriés se demandent : comment raconter l’Indicible ?
- Nous étions en train de nous demander comment il faudra raconter, pour qu’on nous comprenne ?
Je hoche la tête, c’est une bonne question : une des bonnes questions.
- Ce n’est pas le problème, s’écrie un autre, aussitôt. Le vrai problème n’est pas de raconter, quelles qu’en soient les difficultés. C’est d’écouter… Voudra-t-on écouter nos histoires, même si elles sont bien racontées ?
- Ça veut dire quoi, « bien racontées » ? s’indigne quelqu’un. Il faut dire les choses comme elles sont, sans artifices !
Alors, je me pointe pour dire ce qui me paraît être une évidence :
- Écoutez, les gars ! La vérité que nous avons à dire – si tant est que nous en ayons envie, nombreux sont ceux qui ne l’auront jamais ! – n’est pas aisément crédible… Elle est même inimaginable…
- Ça, c’est juste ! dit un type qui boit d’un air sombre, résolument. Tellement peu crédible que moi-même je vais cesser d’y croire dès que possible !
Il y a des rires nerveux, j’essaie de poursuivre :
- Comment raconter une vérité peu crédible, comment susciter l’imagination de  l’inimaginable, si ce n’est en élaborant, en travaillant la réalité, en la mettant en perspective ? Avec un peu d’artifice, donc !
Ils parlent tous à la fois. Mais une voix finit pas se distinguer, s’imposant dans le brouhaha. Je regarde celui qui prend la parole. J’ignore son nom, mais je le connais de vue. Je l’ai déjà remarqué, certains après-midi de dimanche, se promenant devant le block des Français, le 34.
- Vous parlez de comprendre… Mais de quel genre de compréhension s’agit-il ? J’imagine qu’il y aura quantité de témoignages… Ils vaudront ce que vaudra le regard du témoin, son acuité, sa perspicacité… Et puis il y  aura des documents… Plus tard, les historiens recueilleront, rassembleront, analyseront les uns et les autres : ils en feront des ouvrages savants… Tout y sera dit, consigné… Tout y sera vrai… sauf qu’il manquera l’essentielle vérité, à laquelle aucune reconstruction historique ne pourra jamais atteindre, pour parfaite et omnicompréhensive qu’elle soit…
Les autres regardent, hochant la tête, apparemment rassurés de voir que l’un d’entre nous arrive à formuler aussi clairement les problèmes.
- L’autre genre de compréhension, la vérité essentielle de l’expérience n’est pas transmissible… Ou plutôt, elle ne l’est que par l’écriture littéraire…
Il se tourne vers moi, sourit.
- Par l’artifice de l’œuvre d’art, bien sur !


« L’Écriture ou la Vie »
– Editions Gallimard.

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« Derrière les murs, la mer… »

reçoit le prix Ilan Halimi

Le prix ilan Halimi, prix de la tolérance et de la fraternité
Il récompense une action ou un programme ayant permis de mettre en œuvre, de façon concrète, à travers un projet, les principes d’une cœxistence fraternelle entre jeunes citoyens français d’origine, de religion, de culture ou d’opinion politique différentes.
L’action primée doit montrer qu’elle est fondée sur le souci de la reconnaissance de l’autre dans sa différence, en l’absence de tout préjugé. Elle doit être caractérisée par son exemplarité et sa reproductibilité.

Le projet primé : « Derrière les murs, la mer… »
Le prix Ilan Halimi 2009, prix de la tolérance et de la fraternité, récompense la démarche de la MJC de Ris-Orangis, qui s’incarne dans le rapprochement de jeunes de Tel-Aviv en Israël, de Ploemeur en Bretagne et de Ris-Orangis en banlieue parisienne.

Le projet éducatif et artistique des jeunes de la MJC :

  1. abattre les barrières dues aux méconnaissances qui conduisent à la peur de l’Autre.
  2. Favoriser l’estime de soi sur le territoire de la ville où ils habitent et travailler leur appartenance à la nation française.
  3. Permettre en s’appuyant sur l’externe (Bretagne) et l’international (Israël) d’interroger les problématiques locales, surtout dans les quartiers de la région parisienne.

Dans les trois lieux, Tel-Aviv, Ris-Orangis et Ploemeur, les jeunes concernés par le projet sont des déracinés.

Les questions : Qu’est ce qui me définit, les racines qui appartiennent au passé ou à mon environnement présent ? Peut-on vivre sans racines ? Faut-il les couper ou les chercher ? Est-ce que les racines m’enferment dans une identité ou au contraire sont terre nourricière pour le présent et l’avenir que j’ai à inventer ?

Le Communauty Center Arabe et Juif de Jaffa à Tel-Aviv : pose la question de la paix et propose une voie pour le « Vivre Ensemble », dans un contexte de conflit. Les questions identitaires interpellent : qu’est-ce qu’un Arabe Israélien ? Qu’est-ce qu’un Juif ? Une terre les sépare et les rassemble. Toutes les questions se posent sur la Terre de « Palestine » : les questions ethniques, religieuses, sociales…

La ville de Ploemeur et sa Maison des Jeunes : Les jeunes Bretons perdent leur mémoire. Leurs grands-parents : pêcheurs, cultivateurs, ont défini l’identité bretonne. La fermeture des ports, la disparition des patrons pêcheurs, l’exode privent les générations suivantes d’un savoir et d’une culture qui les projette dans une mondialisation anonyme.

La Commune de Ris-Orangis : La banlieue des grandes mégapoles se présente toujours comme une grande plaque tournante où se croisent des populations issues de différentes migrations. À cet endroit « une » culture ne rassemble pas les individus mais « des » cultures les divisent. Il s’agit pour une Maison des Jeunes et de la Culture d’ouvrir le territoire de la laïcité afin que l’occupent « ensemble » des individualités aux origines, aux pratiques religieuses, au statut social différents ou particuliers en édifiant un langage nouveau sur des « ressemblances » et des bases humanistes.

La question de l’Autre est permanente en banlieue. Elle se manifeste généralement soit par l’indifférence soit par la violence, ou encore par la ghettoïsation.
« Vivre Ensemble », en banlieue, c’est donc définir un territoire édifié sur des valeurs communes à partir de chaque individualité. Ces valeurs sont les valeurs républicaines. L’art est un moteur à cette définition, en permettant de créer des métaphores qui symbolisent un problème, qui reformulent les problèmes.

Sensible à un environnement de banlieue (urbanité, flux migratoires, pauvreté, crispations identitaires ou communautaires…), la Maison des Jeunes et de la Culture de Ris-Orangis, tente d’opposer au malaise social (chômage, discriminations, échec scolaire, violences…), les valeurs de la République et un travail d’Éducation Populaire qui vise à la transformation sociale par un travail culturel autour du « Vivre Ensemble ».

Au bout de l’action : Un spectacle joué dans les trois villes et les deux pays, qui finalise les apprentissages et synthétise un parti pris sur le thème des discriminations et du racisme.

Le tout se réalise au travers d’une grande exigence artistique et éducative qui vise à la transformation de l’individu par la construction d’un objet collectif qui interroge le monde.

 

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