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« New Paradize » est l’aboutissement d’un travail de trois années mené dans le cadre d’un projet intitulé « Derrière les murs, la mer » qui associe des artistes et des jeunes de Ris-Orangis (France), ville de la banlieue parisienne et Jaffa (Israël), quartier Arabe de la ville de Tel-Aviv.

La Maison des Jeunes et de la Culture de Ris-Orangis, maître d’œuvre et d’ouvrage de ce projet, a insufflé dans cette aventure les valeurs de l’Éducation Populaire au travers de l’Action Artistique en tant que moyen d’expression qui met en jeu une visibilité du rapport de l’individu aux représentations du monde, aux enjeux, aux conflits, aux relations sociales et humaines.


"New Paradize" The Youth and Cultural Center... par MJCRISORANGIS 

L’expérience s’est nourrie de la rencontre, l’échange, le débat, entre un groupe de jeunes français et un groupe de jeunes israéliens. Les groupes ont été constitués dans le souci de la mixité : religieuse et ethnique (musulmans, juifs, chrétiens, athées/Arabes, Hébreux, Africains, Européens), sexuelles : garçons/filles, et sociale : jeunes issus de milieux aisés/jeune issus de milieux populaires. À l’occasion de six échanges : en France et en Israël, au cours de visites-découvertes des deux pays, au cours de discussions improvisées ou de groupes de parole, des thématiques existentielles, philosophiques, sociales, politiques, conflictuelles ou consensuelles ont alimenté le travail artistique des ateliers de théâtre et de danse. La parole donnée aux jeunes, la recherche et la création ont abouti à des interrogations communes autour de la difficulté d’avoir 20 ans aujourd’hui dans nos sociétés respectives, à une indignation commune : l’enfermement, à un constat commun : l’impossibilité de rêver, à une envie commune : l’envie de vivre dignement.
Les artistes ont mis : en écriture, en mise en scène, en chorégraphies, en images et en musique : l’étouffement, le rêve truqué de la Télé, média-miroir aux alouettes, qui propose la création d’un paradis sur terre, sous la forme d’une émission télé-réalité et l’espoir de parvenir à se dépouiller de toutes ces croyances qui empêchent tout groupe humain de s’unir autour de valeurs humaines qui rassemblent au lieu de diviser.

 

L’équipe artistique a donné une forme à tout ce que les jeunes ont pu exprimer dans les ateliers et les débats.

Sous l’égide de Catherine Regula qui a signé l’écriture et la mise en scène et Corinne Deroide qui a assuré l’assistance à la mise en scène, une place a été faite à de jeunes artistes : Nicolas Keriven qui a composé la musique du spectacle. Nicolas, élève de l’école Polytechnique a effectué un stage en milieu civil à la Maison des jeunes et de la Culture en 2009/2010. Il affirme autant de capacité dans le domaine scientifique que dans le domaine musical ; instrumentiste de haut vol, pianiste de formation, il a pu mettre à jour sa créativité grâce à la confiance qui lui a été donnée pour « New Paradize » qui lui a permis de produire sa première création. Les chorégraphies ont été confiées à trois jeunes femmes du projet : Sandra Petour (Française), Aviv Halfon et Malina Hanania (Israéliennes) qui ont toutes trois une formation en Danse Contemporaine et Modern Jazz. Elles aussi, ont produit à cette occasion leur première composition chorégraphique.

 

« New Paradize » :

C’est un message porté par 20 jeunes, des artistes, des animateurs et une Maison des Jeunes et de la Culture représentée par son conseil d’administration, animée depuis toujours par son envie de transformation sociale.

Ce spectacle, nous l’avons finalisé dans sa construction dramatique en Israël: au kibboutz Hatzerim (BeerSheva) qui a accueilli le groupe une semaine pour les dernières répétitions en Septembre 2010 – Nous l’avons joué en France : à Ris-Orangis, au Théâtre Jean Gouin de la MJC en septembre 2010 – à Fontaine (Isère) dans le cadre du Festival des rencontres interculturelles au Théâtre Edmond Vigne qui l’a accueilli dans le cadre d’une résidence de création en mars 2011 – et enfin en Israël : à Jaffa, quartier d’origine des acteurs israéliens dans le cadre d’une co-réalisation avec The Arab-Hebrew Theatre in Jaffa en Octobre 2011.

 

À Ris-Orangis :

Le public a accueilli cette création avec curiosité, entendant parler de sa construction depuis plus de deux ans. Les réactions retiennent en priorité le surprenant engagement des jeunes dans l’action, en énergie et en persévérance, la force du propos dans son désir de mettre fin à toute forme d’enfermement. Le public a pu constater la force et la détermination d’une action artistique basée sur un cheminement patient qui consiste à apprendre à mieux se connaître en allant à la rencontre de l’Autre, se confronter, et créer ensemble.

 

À Fontaine :

Le public d’adultes et de jeunes, a noté en particulier l’originalité de la méthode de création – créer un groupe, prendre le temps de se connaître, de se parler, d’oser se dire, de débattre sur tout ce qui nous sépare, analyser tout ce qui nous rassemble et écrire… un « cri qui sort de l’âme » en le confiant, ce cri, à la plume d’un auteur.

Un échange avec le public à la fin du spectacle a permis aux jeunes de prendre la parole et répondre aux interrogations – un peu complexes quelquefois pour des jeunes gens, quand des adultes les interrogent sur l’avenir, la guerre, la paix, leur mobilisation politique ou leur absence de mobilisations politiques ou autres…

Et à la question souvent posée : pourquoi avoir choisi Israël dans cette création partagée à l’International - Israël sujet à polémiques en raison de la ligne politique choisie dans le conflit qui l’oppose en Palestine – le spectacle, l’action et le débat ont apporté leur lot de réponses :

Il apparaît d’une façon manifeste qu’il ne faudrait jamais confondre un pays, ses dirigeants et sa population au risque de considérer qu’un peuple soit uniforme dans ses comportements et unique dans sa pensée. Les jeunes du projet avaient 16-17 ans au début de l’action. Aujourd’hui adultes, ils ont su, à travers notre action, exercer leur point de vue critique, leur liberté de raisonnement et mettre en scène, révolte et envie de vivre dans un monde plus juste.

L’Autre est un miroir.

Les deux pays présents sur la scène sont un miroir l’un pour l’autre. Pour le groupe des jeunes israéliens composé d’Arabes et de Juifs,notre action est venue contrarier les comportements communautaires de la société israélienne en favorisant non seulement un dialogue, mais en créant les conditions d’une construction collective qui amène bien plus qu’à co-exister, qui obligent à coopérer. Le groupe des français est composé de jeunes d’origines différentes, issus de classes sociales différentes qu’un projet artistique a pu réunir dans une action commune. Chacun a pu analyser que nos sociétés respectives contiennent injustices et discriminations et donc mesurer l’impact des mots d’ordre, qu’il s’agisse des discours tenus à l’école, dans la famille, à la télévision, dans les partis politiques incitant à la haine, la séparation ou la ségrégation pour s’interroger sur les dommages perpétrés par une organisation sociale divisée où tout le monde n’a pas sa place.

 

Le spectacle et son expérience contribuent à modifier nos représentations :

La composition des groupes offre un paysage nuancé qui nous amène à reconsidérer nos réflexes, nos préjugés et nos formalismes, à procéder par amalgames. Les jeunes israéliens ont appris aux spectateurs que certains d’entre eux, jeunes arabes, musulmans ou chrétiens, ont de la famille à Gaza et en Cisjordanie, sont donc très attentifs et mobilisés au regard du conflit israélo-palestinien. Ces jeunes manifestent dans les rues, tant que faire se peut, leur résistance ou leur désapprobation. La population arabe d’Israël lutte pour l’égalité dans ce pays où elle est née, qu’elle n’a pas choisi mais qui est désormais le sien ; tandis que les jeunes juifs effectuent leur service militaire – « obligatoire ». L’un d’entre eux, déserteur, a effectué son temps de prison avant d’être versé dans une unité dans laquelle il censé servir trois ans. Cette jeunesse « fauchée » est embarquée malgré elle dans une guerre qui dure depuis soixante ans. Nous sommes loin des clichés qui mettent en présence fanatiques, terroristes et tyrans.

Quant aux français : la mixité met en présence des jeunes issus de l’immigration, dont certains viennent des quartiers populaires mais ne ressemblent pas tout à fait à l’image déversée par les médias : l’un d’eux est étudiant à Sciences-Po, un autre crée aujourd’hui son entreprise. L’action leur a permis de mieux comprendre ce que signifie « être français », tout simplement au regard des valeurs inscrites dans la république – même si ces mêmes valeurs ne sont pas toujours respectées par nos gouvernements.
Le comportement communautariste en Israël a permis à tout un chacun d’en mesurer les conséquences sur les divisions inscrites dans les relations sociales. En France, chacun a pu constater que la laïcité est fortement inscrite dans notre formation initiale et qu’elle amène les jeunes musulmans et les jeunes juifs du groupe français à vivre les croyances religieuses dans un espace privé pour pouvoir partager une action commune dans un espace public et collectif. Deux jeunes du groupe sont issus d’une classe dite « privilégiée », tous deux sont élèves de grandes écoles, enfants de familles catholiques, ils ont eu l’occasion de vivre une expérience sans doute unique : rencontrer des jeunes issus des classes sociales dites « défavorisées » et collaborer – sachant que les modes de fonctionnement diffèrent sensiblement : la relation à l’abstrait, les références culturelles… - et s’apercevoir qu’il y a une grande égalité à se poser des questions existentielles sur le présent et l’avenir. La vérité ne se trouve pas toujours dans les livres et de vraies leçons de vie sont contenues dans les parcours humains – notamment les parcours de ceux qui vivent dans une urgence économique. Enfin, les jeunes français issus de milieux dits « petits », athées pour la plupart ont pu constater qu’ils servaient tranquillement de modèles quant à leur liberté d’action, notamment du côté des filles, avançant dans la vie cheveux au vent dont la lutte fondamentale consiste à revendiquer l’égalité homme-femme.

À Jaffa :

En partenariat avec le Théâtre Arabe-Hébreu de Jaffa, nous avons pu donner trois représentations de « New Paradize ».

Nous avons affiché complet. Le public, constitué des familles – détail important pour le Théâtre qui souhaite développer la fréquentation de son lieu par les habitants du quartier – de curieux, passant devant le théâtre ou ayant vu nos affiches – d’Israéliens d’origine française et enfin de 90 lycéens arabes pour la plupart fréquentant le Collège des Frères (école ouverte aux musulmans, aux chrétiens et aux juifs – rarement mélangés dans le système scolaire) a dans son ensemble accueilli le spectacle avec enthousiasme.

 

Parmi les réactions, nous retenons :

1. La surprise de découvrir sur un plateau autant de diversité et en particulier : les quatre langues l’Anglais, le Français et notamment l’Arabe et l’Hébreu côte à côte.

2. L’émotion que procure le premier texte du spectacle qui symbolise la pensée personnelle et individuelle de chacun de ces jeunes confrontés à l’avenir : « Aujourd’hui c’est mon anniversaire. J’ai vingt ans. Je n’aime pas les anniversaires. Je n’aime pas avoir vingt ans ».

3. Le rire : inattendu à l’arrivée de la Télévision dans l’histoire, à travers une émission de télé-réalité, qui fait partie de l’environnement culturel de tout jeune « télévore ». La Télévision est la seule à proposer du rêve à cette jeunesse qui en est privée. Un rêve de carton-pâte qui prétend édifier un paradis sur terre sur une île merveilleuse dont le candidat peut devenir propriétaire. Le paradis s’achète à la Télévision (capitalisme tout puissant oblige). Le théâtre use de son style direct pour se moquer et dénoncer. On oppose une équipe française à une équipe israélienne tout en proclamant la solidarité. On chante, on s’engage dans des jeux stupides, on fait voter le public. Chacun peut se reconnaître dans ce miroir-télé, reflet du vulgaire et du commun, qui flatte le plus bas.

4. Le plaisir ou le déplaisir de se voir projeté dans le miroir tendu par les acteurs – geste qui porte un message humain et politique.

5. L’envie de certains spectateurs de jouer ce spectacle ailleurs en Israël, partout où l’expérience et le message apparaissent bénéfiques, de nous proposer leur aide à faire connaître le spectacle ou encore de remplir les salles sitôt que nous serons en mesure de dénicher les lieux susceptibles de nous accueillir et les moyens de financer les voyages.

Ces dernières représentations ont conforté notre détermination à poursuivre cette aventure, en France pour commencer, afin de partir à la recherche de nouveaux partenaires, continuer dans l’espoir de nous faire comprendre enfin – au-delà des clivages culturels ou politiques, faire comprendre que « New Paradize » propose un mode expérimental de rencontre, de coopération et de création. La création d’un spectacle comporte des enjeux plus profonds qu’un simple échange culturel. Elle contient tous les éléments de la transformation individuelle et collective.

Nous sommes fiers du produit artistique, partie visible de l’expérience, que nous améliorons à chaque rencontre – ayant eu peu de temps pour l’aboutir formellement. Nous sommes tout aussi fiers de l’aventure humaine qui nous démontre à chaque représentation et à chaque échange avec le public que l’art a la capacité de donner l’envie de changer le monde. En quoi, nous demande-t-on ? En mieux, nous apparaît la seule réponse.

 

Catherine REGULA

 



Théâtre de Jaffa
15, 16 et 17 octobre 2011

Répétitions/Générale
18 mars 2011 - Fontaine (38)

Salle Edmond Vigne
18 mars 2011 - Fontaine (38)

 

Répétitions/Générale
28 septembre 2010
MJC de Ris-Orangis (91)

Théâtre Jean Gouin
28 septembre 2010
MJC de Ris-Orangis (91)

 

 

 

 

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