Header image  


 
 
    ACCUEIL
 

suite présentation C'est dans les yeux brûlés...

 

«C’est dans les yeux brûlés des femmes»
Une création du Théâtre du Kariofole
Compagnie en résidence sur la ville de Ris-Orangis (Essonne)
Direction artistique : Catherine Regula

Spectacle créé le 8 Mars 2004
Salle Jean Gouin/M.J.C de Ris-Orangis
Financé par les Crédits Politique de la Ville:
Préfecture de l’Essonne – Conseil général de l’Essonne – Le F.A.S.I.L.D

Montage théâtral à partir des textes de:
Samira Bellil, Souad, Calixthe Beyala, Amélie Nothomb, Taslima Nasreen, le bréviaire de l’Imam Khomeyni, le guide de la bonne épouse de l’église baptiste américaine et quelques phrases de Chadorrt Djavann.
Textes de liaison et mise en scène : Catherine Regula

Décor : Jean-Marc Nourry
Image : Eric Châlot
Musiques  : Diam’S – Samir Joubran – Bach l’Africian -  Comptine japonaise - Musique traditionnelle africaine, voix polyphoniques – Les Têtes Raides – Laurent Vigier.
Costumes et masques : Théâtre du Kariofole

Avec:
Joëlle Charvenet
Corinne Deroide
Catherine Regula
Hommage à Samira Bellil qui a assisté à la représentation donnée le 7 Mai 2004 Salle Jean Gouin à Ris-Orangis
Big Up, Sam!!!

Un engagement :

Si certains souhaitent nous faire croire que le combat féministe est périmé, d’autres, dont nous sommes, savent qu’il est non seulement d’actualité mais qu’il est l’enjeu du 21ème Siècle, de notre futur proche.
Nombreux demeurent ceux qu’il faut convaincre et sans doute les femmes en priorité. Au coeur de l’oppression, elles restent malheureusement à côté de la bataille.
Parler de la condition féminine, c’est parler de l’homme et de la femme; dénoncer l’oppression, la condescendance, la brutalité, c’est pointer les effets pervers de l’exploitation qui brisent les deux sexes. Et quand on évoque la «libération», il est bien question de libérer et l’homme et la femme.
Notre spectacle n’est pas militant, il est «engagé» dans une cause: celle de l’Être Humain.

Une forme théâtrale :

Dans l ‘idée que dans le parcours de toutes ces femmes il y a un peu de nous, la mise en scène utilise masques et costumes comme des dépouilles qu’il nous suffit de revêtir pour devenir « elles ». La banlieusarde, la voilée, l’africaine, la japonaise se présentent comme des archétypes portant chacun les signes de la soumission. Le masque « traditionnel » fige la femme dans le rôle qu’on lui assigne. L’archétype de l’insolence et du combat est représenté par un masque d’Arlequin.
La parole religieuse quant à elle est portée par trois marionnettes, figures des trois religions monothéistes, pantins de l’intégrisme et de la pensée opprimante.
Lectures, récits, poésie, dialogues… le mot est multiforme.
Le spectacle se propose de nous embarquer dans un voyage sensible fait de mots, d’images, de pensée raisonnable et d’émotion, de sons, de chansons, chansonnettes et comptines

 

Textes et  auteurs du spectacle

Dans l’enfer des tournantes 
Samira BELLIL

Samira Bellil est une rescapée. Adolescente, elle a été victime de plusieurs viols que l’on nomme aujourd’hui des «tournantes». Son témoignage coup de poing dévoile la violence sexuelle qui s’est instituée et banalisée dans des cités et des banlieues où tout se réduit à des rapports de force et de domination.

«Je voudrais tant prévenir les petites minettes qui grandissent dans nos cités!»

Brûlée vive   SOUAD

Souad a 17 ans, elle est amoureuse. «Déshonorée», sa famille désigne son beau-frère pour l’exécuter. Elle lave du linge dans la cour de sa maison, quand son beau-frère approche, l’asperge d’essence, craque une allumette. Elle est brûlée vive.
Il s’agit du premier témoignage au monde d’une victime de «crime d’honneur». Il est bouleversant, il est aussi un appel. Il faut briser le tabou du silence insupportable qui recouvre la mort de ces femmes, victimes de la loi des hommes.
«Je suis une fille et une fille soit marcher vite, la tête courbée vers le sol, comme si elle comptait ses pas, car si son oeil rencontrait celui d’un homme, tout le village la traiterait de Charmuta (pute).»

Femmes – Poèmes d’amour et de combat  Taslima NASREEN


Médecin de formation, Taslima Nasreen , se consacrait au journalisme et à la littérature lorsque la publication de son ouvrage : Laija (décrit comme pornographique et blasphématoire) a soulevé la colère des fondamentalistes du Bangladesh, dont les plus zélés ont obtenu qu’elle soit l’objet d’une fatwa la condamnant à mort.

«J’ai vraiment très envie de m’acheter un garçon - tout en bourrant de coups de pied ses couilles ratatinées, je lui crierai : Tire-toi de là, salopard!»

Tu t’appelleras Tanga  
Calixthe BEYALA

Auteur de : La petite fille du réverbère, Assèze l’Africaine (prix François Mauriac), Les honneurs perdus (grand prix du roman de l’Académie française). Par ses romans, singuliers et généreux, brille l’éclat d’une Afrique entre tradition et modernité.
«Personne ne me demande mon avis, d’ailleurs, je n’en ai pas. Pauvre mortelle et femme de surcroît, je ne puis ni interdire ni permettre.»

Bas les voiles 
Chadortt DJAVANN

Chahdortt Djavann est née en Iran. Romancière, elle vit depuis dix ans à Paris où elle a étudié l’anthropologie.

«J’ai porté dix ans le voile. C’était le voile ou la mort. je sais de quoi je parle.»

Stupeur et tremblements  
Amélie NOTHOMB

Amélie Nothomb, jeune écrivaine belge au succès retentissant. (Hygiène de l’assassin, Mercure, Métaphysique des tubes...)  Elle reste très profondément marquée par l’Extrême Orient où elle est née et a passé son enfance - la Chine et le Japon en particulier.
Elle livre dans Stupeurs et tremblements un portrait au vitriol de la femme au Japon.

«S’il faut admirer la Japonaise - et il le faut - c’est parce qu’elle ne se suicide pas. On conspire contre son idéal depuis sa plus tendre enfance. on lui coule du plâtre à l’intérieur du cerveau.»

 

C’est dans les yeux brûlés des femmes
Catherine REGULA

Directrice artistique du Théâtre du Kariofole, Catherine Regula est également auteur dramatique (Les Diablesses) - Elle met fréquemment sa plume au service des spectacles qu’elle crée au sein de sa Compagnie.

«Je veux écrire une lettre à ma fille : Ma fille, la liberté ne se gagne pas dans la tranquillité. ne t’endors pas sur les lauriers de l’Occident content de lui. Quand la violence veut faire la différence, réagis! Choisis la route de ta vie. File des coups de pied à ton destin et s’il le faut lève la main pour préserver ta dignité.»

Synopsis

Du côté jardin de la scène : deux tables basses, deux tabourets, une lampe, des textes ouverts = c’est l’Espace Lecture. Au fond : des costumes et des masques suspendus.
Au centre de la scène : un paravent et une passerelle en bois qui font le lien entre l’espace Jardin et l’espace Cour.
Du côté Cour : une voile blanche, une voile de bateau, en fond de scène; à l’avant-scène :  une petite scène en bois en forme de flaque.
L’ensemble s’organise comme le théâtre Nô. Les personnages entrent à jardin, prennent la passerelle et viennent sur la scène à Cour raconter leur histoire.
Toutefois, les coulisses sont mises en scène: on voit les officiantes mettre les masques et les dépouilles des personnages qui vont prendre vie.
Les officiantes sont vêtues toutes trois de la même manière : une robe de toile noire sur un pantalon de toile beige. Le costume et le maquillage portent une sorte de neutralité. Elles enfilent les costumes au-dessus de leur costume d’officiante.
Elles vont servir le spectacle et les textes.

Les trois officiantes entrent par le fond du théâtre. Elles entrent en murmurant « La femme est l’avenir de l’homme ». (Ferrat-Aragon)

Les 3  officiantes - «Le poète a toujours raison
Qui voit plus haut que l’horizon
Et le futur est son royaume
Face à notre génération
Il déclare avec Aragon
La femme est l’avenir de l’homme»
Elle se placent au centre de la scène et s’adressent au public.
1ère Officiante  - L’avenir … de l’homme-Homme » ou de l’homme-Om ?
Les deux autres  - ?
1ère Officiante  - Majuscule ou minuscule…. Le H ?
Les deux autres - ?
1ère Officiante  - De l’homme genre masculin ou de l’ensemble des êtres  humains ?
2ème  Officiante  - Qu’est-ce que ça change ?
1ère Officiante  - Rien.
2ème  Officiante   - La femme
3ème  Officiante  - est donc
1ère Officiante  - l’avenir de l’homme.
Les trois –  - C’est bien.
2ème  Officiante - Mais l’avenir, c’est loin.
3ème  Officiante - C’est aujourd’hui que se pétrit le pain
1ère Officiante - qui sera mangé le lendemain
3ème  Officiante - Et comme le passé s’est évertué
1ère Officiante - A lui faire consommer un pain noir et amer
2ème  Officiante - N’est-il pas temps qu’elle cherche la lumière ?
1ère Officiante - N’est-il pas temps qu’avant de jouer les bons apôtres
3ème  Officiante - et de s’inquiéter de l’avenir des autres
2ème  Officiante - les femmes s’occupent de leur présent ?
Les trois - Il est temps
2ème  Officiante - certainement
3ème  Officiante - Pour qu’il fasse jour demain
1ère Officiante - Et pour que change le goût du pain
2ème  Officiante - Un soir comme ce soir
3ème  Officiante - On ouvre le livre de leur histoire.

Musique :Diam’S chante : Parce que
Elles se déplacent vers l’Espace-Lecture. Deux d’entre elles s’asseoient, ouvrent les livres. La troisième met la dépouille de la Blonde.

La Blonde apparaît sur la passerelle.
LE MASQUE DE LA BLONDE
Qu’est-ce que c’est que ce bruit ?
J’étais là
Je dormais
J’ai entendu du bruit.
Un bruit que je n’ai pas compris.
J’aimerais savoir.
Tout était si tranquille.
Les rues sont surveillées.
Les portes sont codées.
Les alarmes branchées.
Il ne peut rien nous arriver.
J’ai entendu crier
Des voix dans l’escalier ?
Ou  au rez-de-chaussée ?
Des cris du côté des poubelles.
J’ai oublié de fermer la fenêtre
Ou la porte peut-être….

Musique : Mary J.Blige
La Blonde sort en courant, effrayée par la musique.
La deuxième officiante revêt la dépouille de Samira   

Entre Samira
Samira - Moi, c’est Samira. Lui, c’est Jaïd,

THEATRE DU KARIOFOLE

Après une formation initiale suivie à Vincennes (Paris VIII) et Censier (Paris III) et une formation spécifique : auprès de Jean-Pierre Vincent (au Théâtre des Amandiers de Nanterre) et de Jean-Claude Penchenat (Théâtre du Campagnol à Corbeil), Catherine Regula  fonde une compagnie qui devient  professionnelle en 1987,  et depuis crée et enseigne sur sa ville d’implantation: Ris-Orangis (ESSONNE) et diffuse sur l’ensemble du territoire national.
Un contrat de résidence l’associe à la ville de Ris-Orangis .
La ville de Ris-Orangis  met à sa disposition, un théâtre de 200 places, une salle de répétition et des bureaux. Le Conseil Général finance et soutient l’existence et les projets de la Compagnie; ainsi que la DRAC Ile de France, la Préfecture de l’Essonne et le FASILD à travers les projets Politique de la Ville.

LA CREATION ORIGINALE

Dès sa fondation, le Théâtre du Kariofole a choisi de privilégier l’écriture originale.  Catherine Regula, directrice artistique de la Compagnie, est aussi auteur dramatique. Son  écriture et celle de jeunes auteurs nourrissent régulièrement les spectacles .

Principales créations :
Olympe et les années de verre - 1989 - Catherine Regula - une pièce sur l’emprisonnement d’Olympe de Gouges - Création à Ris-Orangis Salle Jean Gouin et tournée en Essonne.
Les diablesses - 1997 - une suite au Misanthrope de Molière qui met en scène les femmes de l’histoire. : Création au Guichet Montparnasse - Paris 14ème - Espace Alya Avignon
Le goût des flammes -2003 -  sur la passion amoureuse - théâtralisation de trois nouvelles de Marguerite Yourcenar issues de son ouvrage «Feux». : création au Théâtre Les Cinq Diamants - Paris 13ème.
Elles étaient une fois (souvenirs d’enfance à partir de textes de marguerite Yourcenar, Almélie Nothomb, Annie Ernaux et Madeleine Chapsal) -  – Les nouvelles sont fraîches (nouvelles courtes d’auteurs européens : Gunter Grass – Thomas Bernardt – Fernando Pessoa – Anne Enright – Annie Saumont – Dino Buzzati) – la femme cachée (d’après Colette) : petites formes théâtrales qui ont sillonné les routes de France et ont été représentées dans toutes sortes de lieux : centres culturels, bibliothèques… jusqu’aux plus insolites : salle de conseil municipal, pressoir à vin, ancien couvent,  salon et jardin et particuliers…

POLITIQUE de laVILLE

Le théâtre et la cité :

Implanté en banlieue, le Théâtre du Kariofole se devait de tenir compte de son environnement social: transit, chômage, diversités culturelles et ethniques. La Compagnie se sert de ses armes créatives pour adresser des messages et créer des passerelles culturelles en direction d’un public oublié et défavorisé.

Les mots contre le racisme - 2000  - spectacle en forme d’appel pour lutter contre le racisme - textes de Mumiah Abu jamal - Lydie Salvayre et Fellag

C’est dans les yeux brûlés des femmes - 2004  - tragédies et révoltes des femmes dans nos cités et dans le monde, appel à la liberté. textes de: Samira Bellil, Taslima Nasreen, Chadortt Djavan, Souad...

Quand je serai grande -2004 -  spectacle conçu à partir de témoignages de jeunes filles de la banlieue.

Abdelkader-Gavroche  - 2005 - écriture d’une pièce de théâtre en direction du Jeune Public sur le thème : Qui est Gavroche aujourd’hui?

Catalogue des spectacles - téléchargement des dossiers presse

Théâtre du Kariofole  - Compagnie en résidence sur la ville de Ris-Orangis
10 Place Jacques Brel 91130 RIS-ORANGIS
tel : 01.69.43.13.53 - Fax : 01.69.02.13.21 - Mail : kario@mjcris.org
Direction artistique : Catherine Regula - Direction administrative : Yvonne Stival